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📝3.2 — Pratique des activités physiques au programme du CAP PSR

3.2 — Pratique des activités physiques au programme du CAP PSR

Un commis de cuisine soulève environ deux tonnes de charges cumulées sur une journée de service. Sans une préparation physique adaptée, son dos, ses genoux et ses épaules s'usent en quelques années. L'EPS du CAP prépare précisément à ce type d'effort répété.

L'EPS au CAP ne se limite pas à faire du sport. Elle repose sur cinq champs d'apprentissage définis par le Ministère de l'Éducation nationale. Chaque champ vise une compétence physique différente. 

    Le champ 1 travaille la performance mesurée, comme la course de demi-fond ou la natation de vitesse. Le champ 2 développe l'adaptation à un milieu incertain, comme l'escalade ou la course d'orientation. Le champ 3 concerne l'expression artistique, avec la danse ou l'acrosport.

    Le champ 4 mobilise l'opposition en duel ou collectif, comme le badminton, le judo ou le basket. Le champ 5 vise l'entretien de soi, avec la musculation, le step ou le yoga. Le professeur choisit trois champs sur cinq au cours de la formation.

En effet, chaque champ agit sur des filières énergétiques distinctes du corps humain. La filière aérobie fournit l'énergie sur des efforts longs et modérés, comme un service de deux heures debout en cuisine.

   La filière anaérobie donne une énergie explosive et courte, comme soulever une caisse de vingt kilos. L'EPS entraîne ces deux filières en alternance. 

Un jeune qui court 20 minutes en endurance améliore son cœur et ses poumons. Un jeune qui pratique la musculation renforce ses muscles porteurs. C'est pourquoi la variété des champs n'est pas un choix esthétique. Elle prépare l'apprenti à toutes les sollicitations du métier.

Par ailleurs, l'EPS développe aussi des compétences non physiques essentielles au terrain. La coopération se travaille dans les sports collectifs. 

L'apprenti apprend à passer, à recevoir, à ajuster son geste au rythme de l'équipe. Cette compétence se retrouve directement en cuisine, où le service exige une coordination permanente entre postes. 

Le respect des règles, appris en arbitrage, prépare au respect des protocoles HACCP. La gestion du stress, travaillée en escalade ou en opposition, aide à tenir un coup de feu à midi. Concrètement, chaque séance d'EPS entraîne le corps et l'esprit en même temps.

Or, la progression physique suit des principes précis. Le principe de surcharge impose d'augmenter progressivement la difficulté pour que le corps s'adapte. Le principe de spécificité veut que l'entraînement ressemble à l'effort visé. 

Le principe de récupération exige des temps de repos suffisants entre les séances. Sur le terrain, cela se traduit par des cycles de six à huit séances par activité. La première séance évalue le niveau de départ. 

Les séances suivantes augmentent la charge de travail. La dernière séance mesure le progrès accompli. Cette progression est notée par le professeur au titre du contrôle en cours de formation.

À ce titre, la santé au travail commence dès la formation initiale. Les métiers de la restauration exposent à des troubles musculo-squelettiques, appelés TMS. 

Ces douleurs touchent les tendons, les articulations et les muscles. Elles apparaissent quand le corps répète mille fois le même geste sans préparation. 

L'EPS lutte contre ce risque en renforçant les muscles profonds du dos et des jambes. Elle apprend aussi les bonnes postures : plier les genoux pour soulever, garder le dos droit, alterner les positions. Un apprenti physiquement préparé tient son poste plus longtemps et souffre moins.

Le programme d'EPS pour les CAP est fixé par l'arrêté du 3 avril 2019 du Ministère de l'Éducation nationale. Ce texte impose les cinq champs d'apprentissage et l'évaluation en contrôle en cours de formation (CCF). 

Le référentiel du CAP PSR (RNCP35317) précise que l'EPS contribue à la santé au travail du futur professionnel. La note obtenue en EPS compte pour l'obtention du diplôme au même titre que les matières professionnelles.

En pratique, l'apprenti suit trois cycles d'activités dans l'année, choisis dans trois champs différents. Par exemple : demi-fond en champ 1 à l'automne, badminton en champ 4 à l'hiver, musculation en champ 5 au printemps. 

Chaque cycle dure six à huit séances de deux heures. Le professeur note deux éléments : la performance atteinte et la manière de s'entraîner. 

L'apprenti doit tenir un carnet de suivi où il note ses ressentis, ses temps et ses charges. Ce carnet sert aussi à préparer le CCF final.

Situation professionnelle — Un apprenti prépare un service de midi en cantine scolaire

Yasmine, apprentie de deuxième année en CAP PSR, travaille dans une cantine scolaire de 900 rationnaires en région lyonnaise. Le matin, elle doit décharger la livraison de légumes puis rester debout quatre heures au poste de dressage. Depuis qu'elle suit le cycle de musculation en EPS le mercredi après-midi, elle remarque que son dos la tient mieux le vendredi soir. Elle applique aussi les postures apprises en cours : elle plie les genoux pour soulever les cagettes et alterne les appuis pendant le dressage. Son tuteur lui confirme que sa préparation physique en EPS explique en partie sa meilleure endurance au poste.


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