Se rendre au contenu
Contenu du cours

📝1.3 — Mesurer le pH d'aliments et boissons en restauration

1.3 — Mesurer le pH d'aliments et boissons en restauration

En cuisine centrale, avant d'expédier 2 000 barquettes de sauce tomate, le responsable qualité plonge une sonde dans un pot. L'écran affiche 4,3. Le lot part en livraison. Ce geste simple protège des centaines de convives.

Mesurer le pH en restauration n'est pas un exercice de laboratoire. C'est un geste rapide, précis, intégré au travail quotidien. Deux outils dominent le terrain. 

  Le papier pH donne une lecture par comparaison de couleurs. Le pH-mètre électronique affiche une valeur chiffrée sur écran. 

   Le choix dépend du besoin de précision et du produit à contrôler. Pour une vérification rapide, le papier suffit. Pour un contrôle qualité documenté, le pH-mètre s'impose.

Le papier pH est une bandelette imprégnée d'indicateurs colorés. On la trempe dans le liquide pendant quelques secondes. 

    La bandelette change de couleur. On compare la teinte obtenue à une échelle imprimée sur l'emballage. 

  La précision est d'environ 0,5 unité de pH. C'est suffisant pour vérifier si une vinaigrette est bien acide ou si de l'eau est neutre. En revanche, cet outil ne convient pas aux produits solides ni aux préparations colorées qui masquent la teinte.

Le pH-mètre électronique fonctionne différemment. Il possède une sonde en verre reliée à un boîtier d'affichage. 

  On plonge la sonde dans le produit. L'écran affiche la valeur en une ou deux secondes. La précision atteint 0,1 unité de pH. 

   Certains modèles disposent d'une sonde à pointe fine pour piquer directement dans un fromage, une pâte ou une viande. Cet outil équipe les cuisines centrales, les ateliers de charcuterie et les usines agroalimentaires. 

  Son prix reste accessible, autour de 100 à 300 euros pour un modèle professionnel.

Or, un pH-mètre ne donne une valeur juste que s'il est calibré. La calibration consiste à ajuster l'appareil avec des solutions étalons de pH connu. 

   En pratique, on utilise deux solutions tampons : une à pH 7 et une à pH 4. On plonge la sonde dans chacune tour à tour. 

    L'appareil enregistre les repères. Cette opération se fait au minimum une fois par semaine, et toujours avant un contrôle important. Sans calibration, la mesure peut dériver de plusieurs unités. 

    Le résultat devient alors inutilisable pour une décision sanitaire.

Sur le terrain, la mesure suit toujours le même enchaînement. Le professionnel prépare un échantillon représentatif du lot. Il rince la sonde à l'eau distillée.

     Il essuie délicatement avec un papier absorbant. Il plonge la sonde dans le produit à température ambiante, autour de 20 degrés. Il attend la stabilisation de l'affichage. 

   Il note la valeur sur la fiche de contrôle avec la date, l'heure et son nom. 

   Il rince à nouveau la sonde avant de la ranger dans sa solution de conservation. Ce protocole garantit la fiabilité et la traçabilité de la mesure.

<aside>

📋 Protocole de mesure au pH-mètre en 5 gestes : calibrer l'appareil avec les solutions tampons pH 7 et pH 4, rincer la sonde à l'eau distillée, plonger dans l'échantillon à 20 °C, attendre la stabilisation de l'écran, noter la valeur sur la fiche de contrôle.


Le règlement européen 852/2004 impose à chaque cuisine professionnelle de vérifier les paramètres critiques de ses préparations. Le pH figure parmi ces paramètres pour les produits acidifiés, les sauces, les conserves artisanales et les produits laitiers. 

Le plan de maîtrise sanitaire (PMS) doit préciser la fréquence des mesures, l'outil utilisé et les valeurs limites acceptées. 

La DDPP contrôle ces enregistrements lors de ses inspections. Le référentiel du CAP PSR (RNCP35317) demande à l'apprenant de savoir utiliser les instruments de mesure courants et d'appliquer un protocole expérimental simple.


⚠️ Ne jamais essuyer la sonde en frottant. Le verre du bulbe est fragile. Un simple coup de chiffon rugueux peut rayer la surface et fausser toutes les mesures suivantes. Il faut tamponner doucement avec un papier absorbant propre.


Dans une cantine scolaire, le second de cuisine mesure le pH de la mayonnaise maison chaque matin avant le service. Il attend une valeur inférieure à 4,5. Si le résultat dépasse ce seuil, il ajoute du jus de citron et refait une mesure. 

   Dans un fast-food, l'équipier vérifie le pH de l'huile de friture avec une bandelette dédiée pour repérer une huile trop dégradée. 

   Dans une cafétéria, le responsable contrôle chaque semaine le pH des jus de fruits fraîchement pressés stockés en chambre froide. Ces mesures figurent sur des fiches classées dans le PMS, prêtes à être présentées lors d'un contrôle.

Situation professionnelle — Contrôle du pH d'une sauce en cuisine centrale

Nawel, agente de production dans une cuisine centrale qui prépare 3 500 repas par jour pour des collèges, doit contrôler une grande marmite de sauce tomate avant conditionnement en barquettes. Elle sort le pH-mètre du placard qualité et lance la calibration avec les deux solutions tampons. L'appareil affiche 7,00 puis 4,01. Elle rince la sonde, prélève un échantillon de sauce dans un petit bécher et plonge la sonde. L'écran se stabilise sur 4,2. La valeur est conforme au seuil de sécurité fixé par le PMS, inférieur à 4,5. Elle note le résultat sur la fiche de traçabilité et donne son feu vert pour le conditionnement. Le lot part vers les collèges sans risque sanitaire.


Évaluation
0 0

Il n'y a aucune réaction pour le moment.

pour ĂŞtre le premier Ă  laisser un commentaire.