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📝2.3 — Exercices ciblés pour les métiers de la restauration collective

2.3 — Exercices ciblés pour les métiers de la restauration collective

Une cuisine centrale de 2 000 couverts oblige le commis à porter des bacs gastronormes pleins toute la matinée. Sans préparation physique, le dos et les épaules cèdent en quelques mois. L'EPS prépare précisément à ces gestes.

Les métiers de la restauration collective imposent au corps des contraintes très précises. Le professionnel reste debout entre six et huit heures par jour. 

   Il pousse des chariots chargés de plateaux repas. Il soulève des bacs gastronormes remplis de sauce chaude. 

  Il répète des gestes identiques pendant tout le service. C'est pourquoi l'EPS du CAP PSR propose des exercices ciblés

   . Ces exercices ne cherchent pas la performance sportive. Ils visent à préparer le corps aux gestes du métier. On parle alors de préparation physique professionnelle.

La première famille d'exercices concerne le renforcement du dos et des jambes. Le porter de charges est le geste le plus fréquent en cuisine centrale.

   Un bac gastronorme plein pèse entre huit et douze kilos. Un carton de conserves peut atteindre quinze kilos. 

    En effet, sans muscles suffisants, le dos compense par de mauvaises postures. Les exercices proposés en EPS renforcent les cuisses et les fessiers. On travaille le gainage abdominal. 

   On muscle le bas du dos avec des exercices au sol. Concrètement, la flexion des genoux remplace la flexion du dos lors du porter. Ce geste appris en EPS devient un automatisme protecteur.

La deuxième famille d'exercices vise l'endurance cardio-respiratoire. Le service en cantine scolaire dure entre quarante-cinq minutes et une heure trente. 

    Pendant ce temps, le professionnel enchaîne les allers-retours entre la plonge, la ligne de distribution et la salle. Le rythme cardiaque monte fortement. 

   Par ailleurs, la chaleur des zones de cuisson accentue la fatigue. C'est pourquoi l'EPS propose des séances de course modérée, de vélo ou de step. L'objectif est de tenir un effort long sans essoufflement. 

    Sur le terrain, cette endurance permet de garder la même qualité de service du premier au dernier plateau.

La troisième famille d'exercices concerne la coordination et la précision gestuelle. En restauration collective, le professionnel dresse rapidement des centaines d'assiettes. Il manipule la louche, la pince, le couteau. 

    Ses gestes doivent être précis même sous la pression du temps. En pratique, l'EPS propose des jeux d'adresse. 

On lance et rattrape des balles. On travaille l'équilibre sur un pied. On enchaîne des parcours avec obstacles. 

Ces exercices améliorent la proprioception. Le corps sait où sont ses mains et ses pieds sans y penser. À ce titre, la coordination protège aussi contre les chutes et les brûlures.

La quatrième dimension du travail EPS est la récupération active. Après une matinée de service, le corps est tendu. Les épaules sont contractées. Les lombaires tirent. Or, une récupération passive assise devant un écran ne suffit pas. 

C'est pourquoi l'EPS enseigne des étirements ciblés. On étire les mollets debout contre un mur. On relâche la nuque par des rotations lentes. On ouvre la cage thoracique en tirant les bras vers l'arrière. 

Ces exercices durent cinq à dix minutes. Concrètement, le professionnel peut les refaire seul en fin de service. La récupération active prévient l'accumulation de fatigue sur la semaine.


📌 Trois familles d'exercices structurent la préparation physique du professionnel de la restauration collective : renforcement musculaire du dos et des jambes, endurance cardio-respiratoire, coordination gestuelle.


Le programme d'EPS du CAP, fixé par le Ministère de l'Éducation nationale, impose un enseignement adapté au métier préparé.

Le référentiel du CAP PSR (RNCP35317) précise que le professionnel doit réaliser les cinq activités principales sans mise en danger de sa santé. 

Le Code du travail impose à l'employeur de prévenir les troubles musculo-squelettiques, appelés TMS. L'EPS en formation contribue à cette prévention en préparant le corps de l'apprenant avant l'entrée en poste.


💡 Pour porter un bac gastronorme lourd sans se blesser, il faut plier les genoux et non le dos. Ce geste s'apprend en EPS par des squats répétés avec charge légère.


En séance d'EPS, l'apprenant enchaîne trois ateliers de vingt minutes. Le premier atelier renforce les jambes avec des squats et des fentes tenant un ballon lesté de cinq kilos. 

Le deuxième atelier travaille l'endurance par une course en continu autour du gymnase pendant quinze minutes. 

Le troisième atelier améliore la coordination avec un parcours d'obstacles à franchir en portant un plateau vide. En fin de séance, cinq minutes d'étirements

 clôturent le travail. L'enseignant contrôle les postures. Il corrige la flexion des genoux. Il vérifie la respiration. Cette organisation reproduit les contraintes réelles du service.

Situation professionnelle — Préparer le corps avant la prise de poste en cuisine centrale

Fatou, apprentie CAP PSR de 17 ans, effectue son stage dans une cuisine centrale de 3 000 couverts en Seine-Saint-Denis. Chaque matin, elle porte des bacs gastronormes de sauce tomate pesant près de dix kilos. Après une semaine, elle ressent des douleurs dans le bas du dos. En cours d'EPS, elle avait travaillé le gainage et les squats. Elle applique alors ce qu'elle a appris. Elle plie les genoux avant chaque porter. Elle contracte les abdominaux. Elle demande de l'aide pour les bacs pleins. En trois jours, les douleurs disparaissent. Son maître d'apprentissage félicite son geste professionnel


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