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📝1.1 — Liberté, Égalité, Fraternité : sens et origines

1.1 — Liberté, Égalité, Fraternité : sens et origines

Sur le fronton de chaque mairie française, trois mots sont gravés dans la pierre. Liberté, Égalité, Fraternité. Ces mots ne sont pas décoratifs. Ils fondent la République et guident chaque citoyen dans son travail comme dans sa vie.

La devise Liberté, Égalité, Fraternité est née pendant la Révolution française de 1789. Les révolutionnaires renversent alors la monarchie absolue du roi Louis XVI. Ils veulent construire une société nouvelle. Les privilèges de la noblesse et du clergé sont supprimés.

       La Déclaration des droits de l'homme et du citoyen est adoptée le 26 août 1789. Ce texte affirme que tous les hommes naissent libres et égaux en droits. 

    C'est une rupture totale avec l'Ancien Régime. Avant 1789, la naissance décidait de tout. Un fils de paysan restait paysan. Un fils de noble restait noble. Après 1789, la loi devient la même pour tous. La devise républicaine résume ces idées nouvelles en trois mots simples.

Le premier mot, Liberté, désigne le droit de penser, de parler et d'agir sans être empêché par l'État. En effet, chaque citoyen peut choisir sa religion, son travail, son lieu de vie. Il peut voter, se réunir, écrire dans un journal. La liberté d'expression permet de critiquer le gouvernement sans risquer la prison. 

    Par ailleurs, la liberté d'un citoyen s'arrête là où commence celle des autres. Un salarié ne peut pas insulter son collègue au nom de sa liberté de parole. 

    La liberté n'est donc pas l'absence totale de règles. Elle est encadrée par la loi qui protège chacun.

Le deuxième mot, Égalité, signifie que la loi est la même pour tous les citoyens. Concrètement, un ouvrier et un patron sont jugés par les mêmes tribunaux.  

   Un homme et une femme touchent le même salaire pour le même travail. Un candidat au CAP est évalué selon les mêmes critères, quelle que soit son origine. 

    L'égalité ne veut pas dire que tout le monde est identique. Elle veut dire que personne n'a de privilège lié à sa naissance, sa religion ou sa fortune. 

   Or, cette égalité de droit n'est pas toujours une égalité réelle. C'est pourquoi l'État met en place des aides comme les bourses scolaires ou le SMIC. Ces dispositifs cherchent à corriger les inégalités de départ.

Le troisième mot, Fraternité, invite chaque citoyen à considérer les autres comme des frères et des sœurs. C'est une valeur de solidarité. 

    À ce titre, la Sécurité sociale, créée en 1945, protège les malades et les personnes âgées grâce aux cotisations de tous. 

   Les impôts financent l'école gratuite, les hôpitaux et les aides sociales. Sur le terrain, la fraternité se voit dans les gestes du quotidien. Un cuisinier aide son collègue débordé pendant le coup de feu. 

    Un salarié partage son expérience avec un apprenti. La fraternité relie les trois valeurs entre elles. Sans elle, la liberté devient égoïsme et l'égalité reste sur le papier.

La devise apparaît pour la première fois pendant la Révolution, dans les discours et sur les bâtiments publics. Elle disparaît sous Napoléon puis revient en 1848 avec la Deuxième République. 

   Elle devient officielle sous la Troisième République, à la fin du XIXe siècle. En pratique, elle est inscrite dans la Constitution de 1958 qui fonde la Cinquième République actuelle.

   Aujourd'hui, ces trois mots figurent sur les pièces de monnaie, les timbres, les documents officiels et les façades des mairies. Ils rappellent à chaque citoyen français les valeurs communes qui unissent le pays.


📌 La devise Liberté, Égalité, Fraternité est inscrite à l'article 2 de la Constitution de 1958. Elle est née pendant la Révolution française de 1789 et est devenue officielle sous la Troisième République.


La Constitution du 4 octobre 1958 fixe dans son article 2 la devise de la République française : Liberté, Égalité, Fraternité. 

Ce même article précise que la langue de la République est le français, que son drapeau est bleu, blanc, rouge, et que son hymne est la Marseillaise. La Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789 reste un texte de référence. 

Elle est intégrée au bloc de constitutionnalité, ce qui veut dire qu'aucune loi ne peut la contredire. Le référentiel du CAP PSR (RNCP35317) inscrit l'enseignement moral et civique dans les enseignements généraux obligatoires. Le professionnel de la restauration doit connaître ces valeurs pour exercer sa citoyenneté au travail.


⚖️ La Déclaration des droits de l'homme et du citoyen du 26 août 1789 est le texte fondateur qui affirme l'égalité de tous devant la loi. Elle a valeur constitutionnelle aujourd'hui encore.


Dans une cuisine collective ou une chaîne de restauration rapide, les trois valeurs guident le quotidien du professionnel. La liberté permet à chaque salarié de pratiquer sa religion tant que cela ne gêne pas le service. L'égalité impose de traiter tous les collègues de la même façon, sans distinction d'origine ou de sexe. 

    Un chef ne peut pas confier les tâches ingrates uniquement aux femmes ou aux salariés étrangers. La fraternité se traduit par l'entraide pendant les services chargés. Quand un équipier prend du retard au grill, un autre vient l'aider spontanément. 

   Ces valeurs se retrouvent aussi dans le règlement intérieur de l'entreprise. Il interdit les discriminations et le harcèlement. Le professionnel qui subit ou observe un comportement contraire à ces valeurs peut alerter son responsable, les représentants du personnel ou l'inspection du travail.

Situation professionnelle — Un désaccord d'équipe dans un restaurant collectif

Fatou, agent polyvalent dans une cantine scolaire de 900 rationnaires en région lyonnaise, travaille au poste plonge avec un nouveau collègue. Celui-ci refuse de lui adresser la parole parce qu'elle est musulmane et porte un foulard en dehors du travail. Fatou en parle à son chef de cuisine. Le chef rappelle au collègue que le règlement intérieur interdit toute discrimination liée à la religion. Il explique que la devise républicaine impose l'égalité de traitement entre tous les salariés. Le collègue est averti par écrit. Fatou comprend qu'elle a bien fait d'alerter son responsable et que les valeurs de la République la protègent dans son travail.


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