Se rendre au contenu
Contenu du cours

📝 3.2 — Enregistrements HACCP : relevés de températures et étiquetage

3.2 — Enregistrements HACCP : relevés de températures et étiquetage

Une chambre froide qui monte à 8 degrés pendant la nuit peut ruiner tout un service. Sans relevé écrit, impossible de prouver que la chaîne du froid a été respectée. La feuille de température devient alors la seule preuve.

       Un enregistrement HACCP est une trace écrite d'un contrôle effectué en cuisine. Il prouve qu'un professionnel a bien vérifié un point critique. En effet, la parole ne suffit jamais lors d'un contrôle sanitaire. L'inspecteur de la DDPP demande toujours des documents datés et signés. Sans papier, le travail est considéré comme non fait. C'est pourquoi chaque cuisine tient un classeur d'enregistrements. Ce classeur contient les relevés de températures, les bons de livraison et les fiches de nettoyage. Il constitue la mémoire écrite de la cuisine. Le professionnel le remplit chaque jour, service après service. Ces documents doivent être conservés plusieurs mois. Ils permettent de retrouver l'origine d'un problème en cas d'intoxication alimentaire.

    Le relevé de température est le plus fréquent des enregistrements. Il consiste à noter la température d'une chambre froide, d'un congélateur ou d'un plat chaud. Concrètement, le commis passe deux fois par jour devant chaque équipement de froid. Il lit la température affichée sur le thermomètre extérieur. Il inscrit ensuite ce chiffre sur une feuille dédiée. La feuille comporte la date, l'heure, la valeur relevée et les initiales du contrôleur. Par ailleurs, une sonde thermomètre permet de vérifier la température à cœur d'un aliment. Cette mesure sert surtout pour la cuisson et la remise en température. Un plat chaud doit atteindre 63 degrés à cœur avant d'être servi. Un plat froid doit rester en dessous de 3 degrés. Chaque valeur relevée est comparée à un seuil autorisé.

     L'étiquetage est le deuxième pilier de la traçabilité. Chaque denrée décartonnée reçoit une étiquette maison. Cette étiquette remplace l'emballage d'origine qui part à la poubelle. Sur le terrain, le cuisinier utilise des étiquettes autocollantes de couleur. Il y écrit trois informations obligatoires. D'abord, le nom du produit, par exemple filet de poulet cru. Ensuite, la date de décartonnage ou de fabrication. Enfin, la nouvelle date limite de consommation. Cette DLC secondaire est plus courte que la DLC d'origine. En pratique, un produit ouvert se conserve trois jours maximum en cuisine collective. Sans étiquette, le produit est jeté. Aucun doute n'est toléré sur l'âge d'une denrée.

   La marche en avant s'appuie directement sur ces enregistrements. Chaque étape du produit laisse une trace papier. À la réception, le bon de livraison est signé et daté. Au stockage, l'étiquette de décartonnage est collée. Lors de la production, la fiche de cuisson est remplie. Enfin, à la distribution, la température du plat servi est notée. Or, cette chaîne d'écrits permet de reconstituer le trajet complet d'un aliment. Si un client tombe malade, le responsable retrouve le lot exact utilisé. Il consulte le numéro de lot inscrit sur le bon de livraison. Il vérifie ensuite les températures des chambres froides ce jour-là. La cause du problème apparaît en quelques minutes. Sans cette écriture rigoureuse, la recherche devient impossible.

    Les anomalies doivent aussi être écrites. Une température hors seuil n'est pas cachée. À ce titre, le professionnel note la valeur exacte et l'action corrective menée. Par exemple, une chambre froide à 6 degrés impose de transférer les produits ailleurs. Cette action est décrite en une phrase sur la feuille de relevé. De même, une livraison refusée doit apparaître sur le bon signé. La mention refus pour non-conformité est ajoutée. Un enregistrement HACCP n'est jamais falsifié. Écrire une valeur fausse expose à des sanctions lourdes. En cas d'accident, la responsabilité pénale du cuisinier peut être engagée. La rigueur d'écriture protège autant l'établissement que le professionnel lui-même.


📌 Trois températures à mémoriser pour le CAP PSR : chambre froide positive entre 0 et 3 degrés, congélateur en dessous de -18 degrés, maintien au chaud au-dessus de 63 degrés à cœur.


Le règlement européen 852/2004 oblige chaque cuisine à mettre en place un plan de maîtrise sanitaire écrit. Ce PMS impose des enregistrements réguliers des points critiques comme la chaîne du froid et la cuisson. Le paquet hygiène européen précise que ces documents doivent être conservés au moins six mois. La DDPP peut les demander lors d'un contrôle inopiné. L'arrêté du 21 décembre 2009 fixe les températures réglementaires : maximum 3 degrés pour les produits très périssables et minimum 63 degrés pour le maintien au chaud. Le référentiel du CAP PSR précise que le professionnel doit savoir remplir ces documents et alerter en cas d'écart.


⚠️ Ne jamais falsifier un relevé de température. Écrire une fausse valeur est une faute grave. En cas d'intoxication alimentaire, la responsabilité pénale du professionnel peut être engagée devant un tribunal.


En pratique, la journée d'un commis commence par le relevé des températures. Il ouvre son classeur HACCP posé en zone de production. Il lit chaque thermomètre : chambre froide positive, chambre froide négative, vitrine réfrigérée, cellule de refroidissement. Il inscrit chaque valeur dans la case du matin. Il signe avec ses initiales. Vers 15 heures, il refait la même tournée pour le relevé de l'après-midi. Entre-temps, il étiquette chaque produit ouvert avec une étiquette datée. Il utilise un feutre indélébile pour éviter que l'encre ne s'efface. En fin de service, il vérifie que toutes les cases sont remplies. Le chef contresigne la feuille du jour. Le document rejoint ensuite le classeur mensuel archivé pendant six mois minimum.

Situation professionnelle — Anomalie détectée lors du relevé du matin dans une cuisine centrale

Karim, commis de cuisine dans une cuisine centrale scolaire qui prépare 2 500 repas par jour, effectue son relevé de températures à 7 heures du matin. Il constate que la chambre froide positive numéro 2 affiche 6 degrés au lieu des 3 degrés maximum autorisés. Il note immédiatement la valeur exacte sur la feuille HACCP et alerte son chef d'équipe. Ensemble, ils décident de transférer les yaourts et les crudités vers la chambre froide numéro 1 encore conforme. Karim inscrit l'action corrective sur la feuille : transfert des denrées vers CF1 à 7h10, appel au service technique. Le technicien arrive dans l'heure et remplace le thermostat défectueux. Grâce à cette trace écrite, la cuisine peut prouver lors du contrôle DDPP du mois suivant que la chaîne du froid n'a jamais été rompue pour les rationnaires.


Évaluation
0 0

Il n'y a aucune réaction pour le moment.

pour ĂŞtre le premier Ă  laisser un commentaire.