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Contenu du cours

📝1.4 — Erreurs fréquentes de tri et risques associés

1.4 — Erreurs fréquentes de tri et risques associés

Un simple pot de yaourt jeté dans le carton peut faire refuser toute une benne au centre de tri. La cuisine paie alors une pénalité et le lot part à l'incinération, comme une poubelle ordinaire.

Le tri sélectif en cuisine professionnelle repose sur des consignes strictes. Pourtant, les erreurs restent fréquentes sur le terrain. La première erreur classique consiste à jeter des emballages souillés dans le bac de recyclage. 

            Un carton taché de sauce, une barquette pleine de reste, un film plastique gras : tout cela contamine la benne. Le centre de tri refuse alors le lot entier. Le recyclage devient impossible. En effet, les machines de tri ne peuvent pas nettoyer les emballages. 

             Elles trient uniquement des matériaux propres et secs. Le commis doit donc vider et essuyer chaque contenant avant de le mettre au recyclage.

La deuxième erreur touche la confusion entre biodéchets et ordures ménagères. Certains professionnels jettent les épluchures dans la poubelle noire par habitude. 

                 D'autres mettent des sacs plastiques dans le bac à biodéchets. Or, ces deux gestes bloquent la valorisation. Les biodéchets doivent partir en compostage ou en méthanisation. La présence de plastique rend cette valorisation impossible. 

              Par ailleurs, mélanger biodéchets et ordures ménagères fait grimper le volume de la benne noire. Le coût de traitement augmente pour l'établissement.

La troisième erreur concerne le verre. Le verre alimentaire (bocaux, bouteilles) se recycle très bien. Mais la vaisselle cassée, les verres à boire et la porcelaine ne se recyclent pas avec lui.

          Leur composition chimique est différente. Un seul verre à boire dans une benne de bouteilles peut abîmer toute la fusion en usine.   


       C'est pourquoi la vaisselle cassée part dans les ordures ménagères. Le commis doit connaître cette nuance dès son arrivée en cuisine.

           La quatrième erreur porte sur les huiles alimentaires usagées. Les vider dans l'évier est interdit par la loi. Cela bouche les canalisations et pollue les stations d'épuration. Une friteuse contient plusieurs litres d'huile. 

           Ce volume doit partir dans un bidon dédié, récupéré par un prestataire agréé. Le prestataire remet un bon d'enlèvement, à conserver trois ans. Concrètement, jeter l'huile à l'égout expose l'établissement à une amende importante et à une fermeture administrative.

La cinquième erreur touche les déchets dangereux du quotidien. Les piles de balances, les tubes néon, les cartouches d'encre, les produits d'entretien périmés ne vont jamais dans les poubelles courantes. 

           Ils contiennent des substances toxiques. Sur le terrain, un tube néon cassé libère du mercure. Une pile éventrée pollue les sols. Ces déchets partent en déchèterie professionnelle ou via un prestataire spécialisé. Le responsable de cuisine tient un registre des enlèvements pour prouver le traitement correct.


⚠️ Un seul emballage souillé peut faire refuser toute une benne de recyclage. Le lot part alors à l'incinération et l'établissement paie une pénalité. Toujours vider et essuyer avant de jeter au recyclage.


Le Code de l'environnement interdit le mélange des déchets triés à la source. L'article L541-21-1 impose aux professionnels le tri des biodéchets depuis le 1er janvier 2024, quel que soit le volume produit.

 Le règlement européen sanitaire 852/2004 exige aussi que les déchets ne contaminent jamais les denrées alimentaires. En cas de contrôle par la DDPP, un tri défaillant peut entraîner un avertissement, une amende ou une mise en demeure de mise en conformité.


⚖️ Depuis le 1er janvier 2024, le tri des biodéchets est obligatoire pour tous les professionnels de la restauration, sans seuil de volume. Le non-respect expose à une amende administrative.


En pratique, chaque poste de travail dispose d'un affichage clair des consignes de tri, avec pictogrammes et couleurs. Le commis rince rapidement un pot de crème avant de le jeter au recyclage. 

           Il vide les restes d'assiette dans le bac à biodéchets, puis pose la vaisselle dans le lave-vaisselle. 

     L'huile de friteuse va directement dans le bidon jaune stocké près de la zone de plonge. Chaque semaine, le responsable vérifie les bennes et corrige les erreurs avec l'équipe. Une réunion mensuelle rappelle les bons gestes et présente les indicateurs de tri de l'établissement.

Situation professionnelle — Erreur de tri dans une cantine scolaire

Fatou, commise de cuisine dans une cantine scolaire de 900 rationnaires, débarrasse les plateaux du service de midi. Elle remarque que plusieurs enfants ont jeté leur pot de yaourt entier, avec le reste de yaourt à l'intérieur, dans le bac de recyclage plastique. Elle appelle le chef qui confirme le problème : la benne sera refusée par le centre de tri si rien n'est fait. Fatou récupère les pots concernés, les vide dans le bac à biodéchets, puis les rince rapidement avant de les remettre au recyclage. Le lendemain, l'équipe installe une affiche visuelle au-dessus du convoyeur de plateaux pour guider les enfants. En une semaine, les erreurs de tri diminuent nettement.


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