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📝1.3 — Accepter ou refuser une livraison en restauration collective


1.3 — Accepter ou refuser une livraison en restauration collective

   A 7h du matin, le camion frigorifique livre 80 kilos de viande hachée pour 1 200 rationnaires. Le commis dispose de 15 minutes pour tout contrôler. Un mauvais choix, et c'est le service du midi qui bascule.

    La réception d'une livraison en restauration collective est un moment critique. En effet, le volume traité est important et la responsabilité du réceptionnaire engage toute la cuisine. Concrètement, le professionnel doit prendre une décision claire pour chaque produit livré. Soit il accepte la marchandise, soit il la refuse en partie, soit il refuse la totalité du lot. Cette décision doit se prendre rapidement, car le livreur ne peut pas attendre longtemps. Le réceptionnaire s'appuie sur une grille de contrôle précise. Cette grille couvre six points essentiels que le professionnel vérifie dans un ordre logique. Chaque point peut à lui seul justifier un refus. Il n'y a pas de compromis possible sur la sécurité alimentaire des convives.

   Le premier contrôle porte sur la température des produits. En pratique, le réceptionnaire utilise une sonde thermomètre désinfectée entre chaque mesure. Pour les produits frais, la température à cœur doit rester entre 0 et 4 degrés. Pour les produits surgelés, elle doit atteindre au moins moins 18 degrés. Le deuxième contrôle vise les dates. Le professionnel lit la DLC (date limite de consommation) et la DDM (date de durabilité minimale). Il vérifie que la durée restante permet une utilisation avant péremption. En restauration collective, la règle courante impose au moins deux tiers de durée de vie restante à la livraison.

   Le troisième contrôle concerne l'emballage et l'aspect extérieur. En effet, un carton détrempé, une barquette percée ou un film déchiré signalent un problème. Ces défauts peuvent traduire une rupture de la chaîne du froid ou un choc pendant le transport. Le quatrième contrôle porte sur la quantité livrée. Le réceptionnaire compare le bon de livraison au bon de commande. Il pèse ou compte chaque référence. Une différence, même faible, doit apparaître sur le document signé. Le cinquième contrôle vise l'étiquetage. Le professionnel vérifie la présence du numéro de lot, de l'estampille sanitaire ovale et de la liste des allergènes.

   Le sixième contrôle est le contrôle sensoriel. Concrètement, le professionnel observe la couleur, l'aspect et l'odeur du produit quand cela est possible. Une viande grise, un poisson qui sent l'ammoniaque ou un fruit moisi entraîne un refus immédiat. Sur le terrain, la décision se formalise toujours par écrit. Si tout est conforme, le réceptionnaire signe le bon de livraison sans réserve. Si un défaut mineur apparaît, il signe avec une réserve écrite précise. Par exemple, il note « 2 barquettes de yaourt sur 24 percées, refusées ». Si le lot entier est non conforme, il refuse la totalité et le mentionne clairement. Le livreur repart alors avec la marchandise.

    Après la décision, le professionnel prévient immédiatement son responsable en cas de refus. C'est pourquoi la traçabilité de l'incident est essentielle. Le chef de cuisine doit adapter le menu du jour si un produit manque. Par ailleurs, le service achat contacte le fournisseur pour organiser un nouveau créneau de livraison. En restauration collective, chaque refus est enregistré dans un cahier de non-conformité. Ce document sert lors des contrôles de la DDPP (Direction départementale de la protection des populations). Il prouve que la cuisine applique une démarche rigoureuse. Le réceptionnaire n'est jamais seul face à sa décision. Il suit un protocole écrit validé par le responsable du plan de maîtrise sanitaire.


⚠️ Un seul critère non conforme suffit à refuser un lot. Il n'existe pas de règle du « à peu près ». Une température à 5 degrés au lieu de 4 impose le refus, même si tout le reste est parfait.


Le règlement européen 852/2004 impose au professionnel de la restauration de contrôler chaque livraison entrante. Le paquet hygiène européen exige aussi la traçabilité complète des produits reçus. En pratique, le plan de maîtrise sanitaire (PMS) de chaque cuisine collective décrit la procédure de réception. Ce document doit être présenté aux agents de la DDPP lors d'un contrôle. Le référentiel du CAP PSR (RNCP35317) place la réception parmi les cinq activités professionnelles principales. Le refus d'une livraison non conforme n'est pas une option mais une obligation légale du réceptionnaire.


📋 Les six contrôles de réception à mémoriser : température, DLC/DDM, emballage, quantité, étiquetage, aspect sensoriel. Suivre toujours cet ordre pour ne rien oublier.


En pratique, le réceptionnaire prépare son poste avant l'arrivée du camion. Il sort sa sonde thermomètre, ses lingettes désinfectantes, son bon de commande et son stylo. Dès l'ouverture des portes du camion, il contrôle la température de l'habitacle du véhicule. Il déballe ensuite un carton par référence pour mesurer la température à cœur d'un produit témoin. Pour un lot de 80 kilos de viande hachée, il vérifie trois barquettes au minimum. Il note chaque relevé sur une fiche de réception datée et signée. Si un produit affiche 6 degrés au lieu de 4, il refuse tout le lot concerné. Il rédige la mention « lot refusé pour rupture chaîne du froid, température relevée 6°C » sur le bon de livraison. Il conserve une copie du document pour la traçabilité interne.

Situation professionnelle — Refus partiel d'une livraison dans une cuisine centrale scolaire

Fatou, réceptionnaire dans une cuisine centrale scolaire qui produit 3 500 repas par jour, accueille la livraison quotidienne de produits frais à 6h30. Elle sonde une barquette de blanc de poulet et relève 7 degrés au lieu des 4 degrés attendus. Elle vérifie deux autres barquettes du même lot et obtient 6,5 et 7 degrés. Elle décide de refuser les 25 kilos de poulet concernés et rédige la mention précise sur le bon de livraison. Elle prévient immédiatement le chef de cuisine, qui adapte le menu en remplaçant le poulet par des œufs durs déjà stockés en chambre froide. Le fournisseur est contacté et une nouvelle livraison est programmée pour le lendemain matin.



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