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📝2.4 — Pièges à éviter lors de la rédaction et du suivi du PMS

2.4 — Pièges à éviter lors de la rédaction et du suivi du PMS

Un PMS existe dans presque toutes les cuisines contrôlées. Pourtant, il suffit d'un classeur poussiéreux, jamais rouvert depuis son achat, pour que la DDPP relève une non-conformité majeure et déclenche des sanctions.

Le premier piège est celui du PMS acheté clé en main et jamais adapté à la cuisine. Beaucoup de professionnels achètent un classeur type sur internet. Ils y inscrivent le nom de l'établissement en première page. Ils rangent le document dans un placard. Or, un PMS générique ne décrit pas la vraie cuisine. 

                              Il ne parle pas des équipements réels. Il ne cite pas les fournisseurs utilisés. En cas de contrôle, l'inspecteur voit immédiatement le décalage. 

                  Il constate que les procédures écrites ne correspondent pas aux gestes observés. Le PMS perd alors toute valeur juridique. C'est pourquoi chaque cuisine doit rédiger son propre document, à partir de sa propre organisation.

            Le deuxième piège concerne les enregistrements manquants ou remplis en une seule fois. Sur le terrain, certains cuisiniers oublient de noter les températures pendant plusieurs jours. Ils remplissent alors toute la feuille d'un coup, le vendredi soir avant l'inspection. Cette pratique est très risquée. 

               En effet, un inspecteur repère facilement les faux relevés. Les stylos sont identiques. L'écriture est trop régulière. Les températures sont trop parfaites. Cela devient une fraude documentaire. 

                  La sanction est plus lourde qu'une absence pure et simple de relevé. À ce titre, il vaut mieux noter honnêtement, même une anomalie, plutôt que d'inventer des chiffres.

Le troisième piège porte sur les procédures qui ne sont jamais mises à jour. Une cuisine évolue en permanence. Le chef change de fournisseur de viande. 

               Un nouveau four à remise en température arrive dans le local. L'équipe accueille un nouvel apprenti. 

            Or, si le PMS ne suit pas ces changements, il devient inexact. Les procédures écrites parlent d'un matériel qui n'existe plus. 

                Elles citent un fournisseur remplacé depuis six mois. Concrètement, il faut relire et corriger le PMS à chaque changement important. Une révision complète doit avoir lieu au moins une fois par an.

Le quatrième piège est l'oubli de la formation du personnel. Un PMS bien écrit ne sert à rien si l'équipe ne le connaît pas. Beaucoup de commis ne savent pas où trouver le classeur. 

         Ils ignorent la procédure de nettoyage de la trancheuse. Ils ne connaissent pas la température exacte de la chambre froide. Sur le terrain, l'inspecteur interroge directement le personnel. Il pose des questions simples. 

                   Si les réponses sont floues, le PMS perd sa crédibilité. C'est pourquoi chaque nouveau salarié doit recevoir une formation à l'arrivée. Cette formation doit être tracée par une feuille d'émargement signée.

           Le cinquième piège concerne la gestion des non-conformités. Certains professionnels notent une anomalie sans jamais indiquer l'action corrective. 

Par exemple, ils écrivent que la chambre froide était à 8 degrés lundi matin. Puis rien ne suit. Aucune décision. Aucune vérification. Aucune trace du retour à la normale. Or, la logique HACCP exige toujours une action derrière un écart. 

           Il faut décrire ce qui a été fait avec le produit. Il faut préciser qui a réparé le matériel. Il faut noter la nouvelle température mesurée après réparation. Sans cela, le PMS montre que les dérives existent mais que personne ne les traite.


⚠️ Remplir une semaine de relevés de température d'un seul coup avant l'inspection est une fraude documentaire. La sanction est plus lourde qu'une absence de relevé. Il vaut toujours mieux noter la vérité, même une anomalie.


Le règlement européen 852/2004 impose que le plan de maîtrise sanitaire soit à jour, adapté à l'activité réelle et connu de tout le personnel. La DDPP (Direction départementale de la protection des populations) contrôle ces trois points lors de ses visites. Un PMS générique, non mis à jour ou inconnu de l'équipe est considéré comme absent. Les sanctions vont de l'avertissement écrit à la fermeture administrative de l'établissement, selon la gravité des manquements constatés.


💡 Rangez le classeur PMS en cuisine, à portée de main, jamais dans un bureau fermé. Un PMS accessible est un PMS utilisé. Un PMS caché est un PMS mort.


Sur le terrain, le responsable de cuisine bloque un créneau de deux heures chaque trimestre pour relire son PMS. Il vérifie que les fournisseurs cités existent toujours. Il contrôle que les équipements listés sont bien présents. Il fait signer une feuille de lecture par chaque membre de l'équipe. Il range le classeur dans un endroit accessible, en cuisine, jamais dans un bureau fermé à clé. Les feuilles de relevés de température sont remplies chaque jour, matin et soir. Toute anomalie déclenche une note d'action corrective écrite dans la foulée.

Situation professionnelle — Contrôle inopiné dans une cuisine centrale scolaire

Nawel, seconde de cuisine dans une cuisine centrale qui produit 2 500 repas scolaires par jour, accueille un inspecteur de la DDPP un mardi matin sans rendez-vous. L'inspecteur demande à voir le PMS. Nawel présente le classeur, propre et bien rangé. Mais l'inspecteur remarque vite que le fournisseur de volaille cité dans le document n'est plus le bon depuis huit mois. Il interroge ensuite un apprenti sur la procédure de nettoyage de la cellule de refroidissement. L'apprenti ne sait pas répondre. L'inspecteur note deux non-conformités. Nawel décide alors de planifier une révision complète du PMS le vendredi suivant. Elle organise aussi une formation de trente minutes pour toute l'équipe, avec émargement, afin que chacun connaisse les procédures écrites.


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