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📝1.1 — Définitions : liaison froide, liaison chaude et remise en température

1.1 — Définitions : liaison froide, liaison chaude et remise en température 

En cuisine collective, un plat cuit à 11 heures peut être servi à 12 h 30 le lendemain dans une école à 40 kilomètres. 

Ce délai est possible grâce à un procédé précis appelé liaison froide, encadré par des règles de température strictes.

La restauration collective sert chaque jour des millions de repas en France. Les cantines scolaires, les hôpitaux et les EHPAD produisent souvent les plats à l'avance. 

   Cette organisation est possible grâce à deux grandes méthodes de travail. La première méthode s'appelle la liaison chaude. La seconde s'appelle la liaison froide. Ces deux méthodes permettent de séparer le moment de la cuisson et le moment du service. 

   En effet, il est rare de cuire un plat et de le servir immédiatement dans une cuisine centrale. Le professionnel doit donc maîtriser ces deux procédés. Il doit aussi connaître un troisième procédé lié : la remise en température. 

    Ces trois notions forment la base du travail en production alimentaire à grande échelle. Le CAP PSR consacre une partie importante de sa formation à ces définitions. Un cuisinier de collectivité les applique chaque jour.

La liaison chaude désigne un procédé simple à comprendre. Le cuisinier prépare un plat chaud. Il le maintient chaud jusqu'au moment du service. La température du plat ne descend jamais en dessous de 63 degrés à cœur. À cœur signifie au centre du plat. 

Le professionnel utilise des armoires chauffantes ou des bains-marie pour maintenir cette température. Concrètement, un gratin cuit à 11 heures reste dans une armoire chaude jusqu'au service de midi. Il ne refroidit jamais. Cette méthode est simple mais coûteuse en énergie. 

                    Elle limite aussi la distance entre la cuisine et le lieu de service. Sur le terrain, la liaison chaude est fréquente dans les petites cantines. Elle est aussi utilisée dans les self-services de cafétéria.

La liaison froide fonctionne selon un principe différent. Le cuisinier cuit le plat. Il le refroidit très rapidement. Il le stocke au froid. Puis il le réchauffe juste avant le service. Le refroidissement doit être rapide et contrôlé. La température doit passer de plus de 63 degrés à moins de 10 degrés en moins de deux heures. 

           Pour cela, le professionnel utilise une machine appelée cellule de refroidissement rapide. Une fois refroidi, le plat se conserve entre 0 et 3 degrés dans une chambre froide positive. Par ailleurs, cette méthode permet de produire de gros volumes à l'avance. 

Une cuisine centrale peut ainsi préparer des repas pour plusieurs établissements. Les plats sont ensuite livrés en camions frigorifiques. La liaison froide domine dans la restauration collective moderne.

    La remise en température est l'étape finale de la liaison froide. Le plat froid doit redevenir chaud avant d'être servi. Cette opération est très encadrée. Le professionnel doit faire passer le plat d'une température froide à plus de 63 degrés à cœur. 

    Cette montée en température doit se faire en moins d'une heure. C'est pourquoi les cuisines utilisent des fours de remise en température puissants. Le cuisinier vérifie toujours la température finale avec une sonde. 

      Il note le résultat sur une fiche de contrôle. En effet, une remise en température trop lente favorise le développement des bactéries. Or, ces bactéries peuvent provoquer une toxi-infection alimentaire collective, appelée TIAC. 

              Une TIAC dans une cantine scolaire peut toucher des centaines d'enfants en une seule journée. La remise en température n'est donc pas un simple réchauffage. C'est une opération sanitaire critique.


📌 Trois températures clés à mémoriser pour le CAP PSR : maintien au chaud à 63 degrés minimum à cœur, refroidissement rapide de 63 à 10 degrés en moins de 2 heures, remise en température jusqu'à 63 degrés à cœur en moins d'une heure.

Le règlement européen 852/2004 fixe les grandes règles d'hygiène pour tous les professionnels de la restauration. L'arrêté du 21 décembre 2009 précise les températures à respecter pour la liaison chaude et la liaison froide en France. Ce texte impose une température de maintien au chaud d'au moins 63 degrés à cœur. Il exige aussi un refroidissement rapide de plus de 63 degrés à moins de 10 degrés en moins de deux heures. Le référentiel du CAP PSR (RNCP35317) demande au candidat de connaître ces définitions. Il doit aussi savoir les appliquer sur son poste de travail.


⚠️ Ne jamais confondre remise en température et simple réchauffage au micro-ondes. La remise en température est un procédé contrôlé, avec sonde et fiche de suivi. Un réchauffage mal fait peut provoquer une TIAC.


Dans une cuisine centrale qui livre plusieurs écoles, le professionnel commence sa journée en consultant le plan de production. Il cuit d'abord les plats du lendemain. Il utilise ensuite la cellule de refroidissement rapide juste après la cuisson. Il note l'heure de début et de fin sur une fiche. Il place les plats refroidis en chambre froide positive à 3 degrés. Le lendemain matin, les plats partent vers les écoles en camions frigorifiques. À l'école, un agent de restauration les place dans un four de remise en température. Il vérifie la température à cœur avec une sonde thermomètre avant le service. Il consigne la température sur un registre. Ce registre peut être demandé lors d'un contrôle de la DDPP.

Situation professionnelle — Première journée en cuisine centrale de collectivité

Yasmine, agent de production dans une cuisine centrale qui prépare 3 000 repas par jour pour des écoles primaires, découvre son poste lors de sa première semaine d'apprentissage. Sa cheffe lui demande de placer un bac de blanquette de veau sortant du four dans la cellule de refroidissement rapide. Yasmine hésite car le plat lui semble encore brûlant. Sa cheffe lui explique que c'est justement le principe de la liaison froide : le plat chaud doit descendre à moins de 10 degrés en moins de deux heures. Yasmine note l'heure d'entrée sur la fiche de suivi. Deux heures plus tard, elle contrôle la température à cœur avec une sonde et enregistre le résultat. Elle comprend alors que chaque geste sert à protéger les enfants qui mangeront ce plat le lendemain.



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