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Contenu du cours

📝2.4 — Dosages, fréquences et incompatibilités à éviter

2.4 — Dosages, fréquences et incompatibilités à éviter

Un litre de javel mélangé à un détergent acide dégage un gaz toxique en quelques secondes. Chaque année, des employés de cuisine sont hospitalisés pour avoir mélangé deux produits par erreur.

Le dosage d'un produit d'entretien n'est jamais laissé au hasard. Chaque fabricant précise sur l'étiquette une concentration exacte. Cette concentration s'exprime en pourcentage ou en millilitres par litre d'eau. 

            Par exemple, un dégraissant peut se doser à 5 % dans l'eau tiède. Cela veut dire 50 millilitres de produit pour un litre d'eau. Un sous-dosage rend le nettoyage inefficace. 

                  Les graisses restent sur les surfaces. Les bactéries continuent à se développer. Un sur-dosage pose d'autres problèmes. Le produit devient agressif pour les mains. 

               Il laisse des résidus chimiques sur les plans de travail. Ces résidus peuvent contaminer les aliments préparés ensuite.

En effet, le professionnel doit toujours lire l'étiquette avant chaque utilisation. Les fabricants fournissent aussi une fiche technique et une fiche de données de sécurité. 

               Ces documents indiquent la dilution, la température de l'eau et le temps de contact. Le temps de contact est essentiel pour un désinfectant. 

           Un produit désinfectant appliqué et rincé trop vite ne tue pas les bactéries. La règle générale est de respecter au minimum cinq minutes de contact. 

                Certains produits demandent quinze minutes. L'apprenant vérifie toujours cette durée sur l'emballage.

Par ailleurs, les fréquences de nettoyage suivent un plan précis affiché dans la cuisine. 

           Ce document s'appelle le plan de nettoyage et de désinfection. Il liste chaque zone, chaque équipement et chaque surface. 

       Il indique quand nettoyer, avec quel produit et à quel dosage. Certaines opérations se font après chaque service. C'est le cas des plans de travail, des planches à découper et des ustensiles. 

               D'autres opérations se font une fois par jour, comme le nettoyage des sols. D'autres encore se font une fois par semaine ou par mois, comme le dégivrage des chambres froides ou le nettoyage des hottes.

Or, la plus grande erreur du débutant consiste à mélanger deux produits pour aller plus vite. 

    Ce geste est formellement interdit. La javel, appelée eau de Javel ou hypochlorite de sodium, ne se mélange jamais avec un produit acide. 

   Un détartrant, un produit anticalcaire ou un vinaigre sont des acides. Le mélange dégage du dichlore, un gaz jaune-vert très toxique. 

    La javel ne se mélange pas non plus avec l'ammoniaque. Ce mélange produit des vapeurs qui attaquent les poumons. Deux produits différents ne s'utilisent jamais ensemble, même dilués.

C'est pourquoi le professionnel applique une règle simple : un produit à la fois, avec rinçage à l'eau claire entre chaque étape. 

    Après un nettoyage au détergent, il faut rincer abondamment. Ensuite seulement, il applique le désinfectant. 

     Cette méthode s'appelle le protocole en deux temps. Elle évite tout contact chimique dangereux. 

    Elle garantit aussi l'efficacité de chaque produit. Le respect strict de cette méthode protège l'employé et le consommateur.


⚠️ Ne jamais mélanger de la javel avec un détartrant, un anticalcaire, du vinaigre ou de l'ammoniaque. Le mélange produit un gaz toxique. Les vapeurs peuvent provoquer une hospitalisation immédiate.


Le règlement européen 852/2004 impose à tout professionnel de la restauration d'utiliser des produits d'entretien autorisés pour le contact alimentaire. Le Code du travail exige la présence des fiches de données de sécurité de chaque produit chimique dans l'entreprise. 

Le référentiel du CAP PSR (RNCP35317) demande à l'apprenant de savoir lire une étiquette, respecter un dosage et identifier les incompatibilités. La DDPP contrôle régulièrement le plan de nettoyage et la présence de ces documents lors des inspections en cuisine.


📋 Protocole en deux temps : nettoyer avec le détergent, rincer à l'eau claire, puis désinfecter. Chaque produit agit seul, jamais avec un autre en même temps.


Sur le terrain, l'employé utilise une centrale de dilution murale ou un pistolet doseur. Ces appareils dosent le produit automatiquement dans l'eau. Il suffit d'ouvrir le robinet pour obtenir la bonne concentration. 


            À défaut, l'employé utilise un doseur gradué ou une pompe fixée sur le bidon. Une pression égale une dose. Chaque produit garde son propre matériel de dosage. 

          Le professionnel ne verse jamais un produit dans un flacon vide d'un autre produit. Il conserve les bidons dans le local d'entretien fermé à clé, loin des denrées alimentaires. Il porte des gants, une blouse et parfois des lunettes de protection pendant la manipulation.

Situation professionnelle — Erreur de dosage évitée en cafétéria

Yasmine, employée polyvalente dans une cafétéria Flunch qui sert 600 couverts par jour, prépare le nettoyage des plans de travail après le service du midi. Elle voit qu'il reste peu de dégraissant dans le bidon. Par réflexe, elle pense verser un peu de javel pour compléter et gagner du temps. Sa cheffe d'équipe l'arrête aussitôt. Elle lui rappelle que ce mélange dégage un gaz toxique. Yasmine lit alors l'étiquette du dégraissant et prépare une dilution à 3 % dans un seau d'eau tiède, comme indiqué. Elle nettoie, rince à l'eau claire, puis applique le désinfectant en respectant cinq minutes de contact. Elle a compris que chaque produit s'utilise seul, avec son propre dosage.


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