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📝2.3 — Appliquer un protocole d'entretien sur équipements de production

2.3 — Appliquer un protocole d'entretien sur équipements de production

Une trancheuse à jambon mal démontée après le service peut cacher des résidus de gras entre les lames. En quelques heures, les bactéries se multiplient et contaminent la tranche du lendemain.

        Un protocole d'entretien est une fiche écrite qui décrit chaque geste à faire sur un équipement précis. Il indique le produit à utiliser, la dose, le temps de contact et la fréquence. 

    Sur le terrain, cette fiche est affichée près de l'équipement ou rangée dans un classeur du plan de nettoyage. L'apprenant doit toujours lire la fiche avant de commencer. 

     En effet, chaque machine a ses règles propres. On ne nettoie pas une friteuse comme une trancheuse. On ne dégraisse pas un four comme un piano de cuisson. La fiche protège le professionnel et l'équipement.

La première étape est toujours la préparation. Le cuisinier coupe l'alimentation électrique de l'appareil. Il débranche la prise ou coupe le disjoncteur. Il attend le refroidissement des surfaces chaudes. Il met sa tenue : gants de ménage, tablier, parfois lunettes de protection. 

          Il prépare les produits à la bonne dose. Par ailleurs, il retire les pièces démontables comme les grilles, les bacs ou les lames. Ces pièces partent souvent au lavage en plonge. Sauter cette étape expose le professionnel à des brûlures ou à des chocs électriques.

La deuxième étape suit la règle du protocole TACT. Cet acronyme veut dire Température, Action mécanique, Concentration et Temps. 

         Chaque produit chimique agit à une température précise. L'action mécanique, c'est le frottement avec une éponge ou une brosse. La concentration, c'est la dose exacte du produit. Le temps, c'est la durée minimale de contact avec la surface. 

      Par exemple, un dégraissant peut demander 5 minutes de pose avant rinçage. Si le cuisinier rince trop vite, le produit n'a pas eu le temps d'agir. 

         Concrètement, l'apprenant applique le produit, il frotte, il attend le temps indiqué, puis il rince à l'eau claire.

La troisième étape est la désinfection, quand elle est prévue par la fiche. Le professionnel utilise un désinfectant alimentaire, souvent à base de chlore ou d'ammonium. 

              Il pulvérise sur toute la surface propre. Il respecte le temps de contact indiqué sur le bidon. Puis il rince à nouveau si le produit le demande. Certains désinfectants dits « sans rinçage » restent en place. 

           À ce titre, l'apprenant lit toujours l'étiquette du bidon avant usage. Mélanger deux produits est interdit. Un mélange de javel et de détartrant dégage un gaz toxique.

La dernière étape est la vérification et la traçabilité. Le professionnel remonte les pièces propres et sèches. 

     Il rebranche l'appareil. Il vérifie que la machine fonctionne. Il signe la fiche de nettoyage avec la date, l'heure et son nom. 

     Cette signature prouve que l'entretien a été fait. En cas de contrôle sanitaire, la DDPP demande ces fiches. Or, un protocole appliqué sans traçabilité n'a aucune valeur réglementaire. La signature engage la responsabilité du cuisinier.


📋 Le protocole TACT résume les quatre leviers du nettoyage efficace : Température de l'eau, Action mécanique (frottement), Concentration du produit, Temps de contact. Si un seul levier manque, le nettoyage est incomplet.


Le règlement européen 852/2004 impose à chaque cuisine d'avoir un plan de nettoyage écrit et appliqué. Ce plan fait partie du plan de maîtrise sanitaire (PMS). Le référentiel du CAP PSR (RNCP35317) précise que l'apprenant doit savoir appliquer un protocole d'entretien sur les équipements de production.

Les fiches de nettoyage signées servent de preuve lors des contrôles de la DDPP. Sans preuve écrite, l'établissement risque un avertissement ou une fermeture administrative.


⚠️ Ne jamais mélanger deux produits d'entretien. Un mélange javel + acide libère un gaz toxique qui peut envoyer le cuisinier à l'hôpital. Chaque produit s'utilise seul, avec rinçage entre deux.


Sur le terrain, l'apprenant reçoit chaque matin le planning de nettoyage du jour. Il prend la fiche protocole de l'équipement concerné, par exemple la trancheuse. 

    Il coupe le courant, démonte la lame avec le gant anti-coupure, applique le dégraissant à la dose indiquée (souvent 20 ml par litre d'eau tiède). 

Il attend 5 minutes, frotte, rince, pulvérise le désinfectant alimentaire, laisse agir 5 minutes de plus, puis rince à l'eau claire. 

     Il remonte la machine, essuie avec un papier à usage unique et signe la fiche. L'opération dure environ 20 minutes pour une trancheuse standard.

Situation professionnelle — Nettoyage d'une trancheuse en cafétéria

Yasmine, commise de cuisine dans une cafétéria Flunch de centre commercial qui sert 600 couverts par jour, ferme le poste charcuterie à 15 heures. Elle prend la fiche protocole de la trancheuse à jambon accrochée près de la machine. Elle coupe le disjoncteur, enfile ses gants anti-coupure et démonte la lame. Elle applique le dégraissant alimentaire dosé à 20 ml par litre d'eau tiède. Elle laisse agir 5 minutes, frotte avec l'éponge bleue réservée aux équipements, puis rince. Elle pulvérise ensuite le désinfectant alimentaire et attend le temps de contact indiqué sur le bidon. Après un dernier rinçage et un séchage au papier à usage unique, elle remonte la lame et signe la fic



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