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📝1.2 — Contrôle à réception : températures, DLC et état des emballages

1.2 — Contrôle à réception : températures, DLC et état des emballages

Un camion frigorifique arrive à 7h devant la cuisine. Le magasinier sort sa sonde. La température du poisson affiche 6 degrés au lieu de 2. Cette différence oblige à refuser la palette.

    Le contrôle à réception est le premier filtre de sécurité de la cuisine. En effet, une denrée acceptée entre dans le circuit de production. Si elle est déjà contaminée, tout le service qui suit devient risqué. C'est pourquoi le professionnel prend le temps de vérifier chaque livraison. Il ne signe jamais le bon de livraison avant d'avoir contrôlé la marchandise. Ce contrôle repose sur trois vérifications simples et systématiques. D'abord la température des produits, ensuite les dates limites, enfin l'état des emballages. Chaque étape a son outil et son seuil précis. Sur le terrain, ce contrôle dure entre cinq et quinze minutes selon le volume livré. Il se fait dans le sas de réception, jamais en pleine cuisine. Le professionnel note ses relevés sur une fiche de traçabilité.

    La température se mesure avec une sonde thermomètre propre et désinfectée. Le professionnel place la sonde entre deux produits, sans percer l'emballage. Cette méthode s'appelle la mesure entre deux paquets. Elle évite d'abîmer la marchandise et donne une valeur fiable. Les seuils à connaître sont simples. Les produits frais réfrigérés doivent rester entre 0 et 4 degrés. La viande hachée fraîche ne dépasse pas 2 degrés. Les produits surgelés sont à moins 18 degrés ou plus froid. Le poisson frais se situe entre 0 et 2 degrés. Or, un écart de quelques degrés suffit à rompre la chaîne du froid. Dans ce cas, le professionnel refuse le produit et l'inscrit sur le bon. Il prend une photo pour garder une preuve. Le fournisseur récupère la marchandise refusée.

   La DLC signifie date limite de consommation. Elle concerne les produits frais et périssables. Après cette date, le produit devient dangereux à consommer. La mention est claire sur l'étiquette : « à consommer jusqu'au ». À ne pas confondre avec la DDM, la date de durabilité minimale. La DDM concerne les produits secs comme les pâtes ou les conserves. Elle indique une baisse de qualité, pas un danger. La mention est différente : « à consommer de préférence avant ». Le professionnel vérifie que chaque produit livré a une DLC suffisamment lointaine. En restauration collective, on demande souvent une DLC restante d'au moins deux tiers. Par exemple, un yaourt de 21 jours doit avoir au moins 14 jours restants à la livraison. Un produit trop proche de sa date est refusé ou négocié.

    L'état des emballages révèle beaucoup sur le respect du transport. Un carton mouillé signale une fuite ou un défaut de froid. Un film plastique déchiré expose la denrée aux contaminations. Une boîte de conserve bombée indique une prolifération bactérienne à l'intérieur. Une barquette percée n'est plus étanche et perd sa protection. À ce titre, le professionnel inspecte chaque colis avant de le stocker. Il regarde aussi la propreté du camion et la tenue du livreur. Un véhicule sale ou une caisse posée au sol du camion sont des signaux d'alerte. Concrètement, tout emballage douteux entraîne un refus du produit concerné. Le refus se note toujours par écrit, avec la date, l'heure et le motif. Cette trace écrite protège l'établissement en cas de contrôle sanitaire.

📌 Trois contrôles obligatoires à chaque réception : la température avec sonde, la DLC de chaque produit frais, l'état visuel de l'emballage. Aucun de ces trois ne peut être sauté.


Le règlement européen 852/2004 impose à chaque professionnel de la restauration de vérifier les denrées à réception. Il exige aussi de garder une trace écrite de ces contrôles. L'arrêté du 21 décembre 2009 fixe les températures maximales pour les produits réfrigérés et surgelés. Le référentiel du CAP PSR (RNCP35317) place ce contrôle dans la première activité professionnelle : la réception. Le plan de maîtrise sanitaire (PMS) de chaque cuisine doit contenir une procédure écrite de réception.


⚠️ Ne jamais signer le bon de livraison avant d'avoir contrôlé la marchandise. Une signature vaut acceptation. En cas de problème découvert après, la responsabilité revient à la cuisine.


Dans un restaurant Flunch qui reçoit trois livraisons par jour, le magasinier suit toujours le même rituel. Il sort sa sonde préalablement désinfectée à l'alcool alimentaire. Il ouvre le camion et prend la température de trois produits différents par palette. Il note chaque relevé sur la fiche de réception papier ou sur une tablette. Il vérifie ensuite les DLC des produits frais un par un. Enfin il inspecte visuellement les cartons et films plastiques. Toute anomalie déclenche un refus partiel ou total. La marchandise acceptée part immédiatement en chambre froide, en moins de trente minutes.

Situation professionnelle — Contrôle d'une livraison de viande dans une cantine scolaire

Fatou, magasinière dans une cantine scolaire de 1 200 rationnaires, réceptionne la livraison de viande hachée du mardi matin. Elle sort sa sonde thermomètre et mesure la température entre deux barquettes du premier carton. L'écran affiche 4 degrés, alors que la viande hachée doit rester à 2 degrés maximum. Elle prend la température d'un deuxième carton pour confirmer : 4,2 degrés. Fatou refuse l'ensemble du lot et note le motif sur le bon de livraison. Elle photographie l'écran de la sonde et le camion. Elle prévient immédiatement le chef de cuisine et le fournisseur. Un nouveau menu de secours est mis en place pour le service du midi.




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