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📝1.2 — Principes HACCP appliqués à la restaurationon collective

1.2 — Principes HACCP appliqués à la restauration

Dans une cuisine centrale, un lot de blanquette de veau attend la livraison. Sa température doit rester sous 3 degrés. Une seule étape mal maîtrisée peut contaminer 2 000 repas d'écoliers.

La méthode HACCP repose sur sept principes qui s'enchaînent dans un ordre précis. Ces principes forment une chaîne logique. Chaque maillon dépend du précédent. Le premier principe consiste à analyser les dangers présents dans la cuisine. 

                     Le professionnel liste tous les risques possibles. Il pense aux bactéries, aux corps étrangers et aux produits chimiques. 

        En effet, sans cette analyse de départ, la démarche perd tout son sens. L'analyse des dangers guide ensuite toutes les autres étapes du plan de maîtrise sanitaire.

       Le deuxième principe identifie les points critiques pour la maîtrise, appelés CCP. Un CCP est une étape où le danger peut être supprimé ou réduit. 

                  Par exemple, la cuisson d'une viande hachée à 70 degrés à cœur détruit les bactéries dangereuses. Cette étape est donc un CCP. 

           Par ailleurs, tous les points de la production ne sont pas des CCP. Le professionnel choisit uniquement ceux qui ont un impact direct sur la sécurité du consommateur. En restauration collective, les CCP les plus courants sont la cuisson, le refroidissement rapide et la remise en température.

      Le troisième principe fixe les limites critiques à respecter à chaque CCP. Ces limites sont des chiffres précis et mesurables. Concrètement, la loi impose une cuisson à 63 degrés minimum à cœur pour la plupart des plats chauds. 

         Le refroidissement doit passer de 63 à 10 degrés en moins de deux heures. Ces valeurs ne sont pas négociables. Or, sans limite chiffrée, le cuisinier ne peut pas savoir si le danger est maîtrisé. 

     Le quatrième principe organise la surveillance de ces limites. Le professionnel mesure et note les températures plusieurs fois par jour.

Le cinquième principe prévoit les actions correctives. Si une limite critique n'est pas respectée, le cuisinier doit réagir immédiatement. 

          Par exemple, si un plat chaud descend à 55 degrés en distribution, il faut le remettre en température ou le jeter. C'est pourquoi chaque équipe dispose d'une procédure écrite. 

      Le sixième principe met en place la vérification du système. Le responsable contrôle régulièrement que les procédures fonctionnent. Il relit les relevés de température. Il compare les résultats aux limites fixées. En pratique, ces vérifications se font chaque semaine et chaque mois.

Le septième principe organise la documentation et l'enregistrement. Chaque contrôle laisse une trace écrite. 

     Les fiches de température, les bons de livraison et les procédures sont conservés. Sur le terrain, ces documents servent de preuve lors d'un contrôle sanitaire. 

Ils permettent aussi de retrouver l'origine d'un problème. À ce titre, la documentation n'est pas une contrainte administrative. Elle protège l'établissement et les consommateurs. Ces sept principes forment un ensemble cohérent qui structure toute la production en cuisine collective.


🔗 Les sept principes HACCP s'enchaînent dans un ordre logique : analyser les dangers, identifier les CCP, fixer les limites, surveiller, corriger, vérifier, documenter. Aucun principe ne peut être sauté.


Le règlement européen 852/2004 impose à tous les professionnels de la restauration d'appliquer la méthode HACCP. Ce texte est la base juridique du paquet hygiène européen. En France, l'arrêté du 21 décembre 2009 précise les températures de conservation des aliments. Il fixe les limites chiffrées que le cuisinier doit respecter à chaque étape. Le référentiel du CAP PSR (RNCP35317) demande à l'apprenant de citer les sept principes HACCP et de les appliquer dans sa production quotidienne.


⚠️ Confondre CCP et simple bonne pratique est une erreur fréquente. Un CCP maîtrise un danger précis avec une limite chiffrée. Se laver les mains est une bonne pratique, pas un CCP.


Sur le terrain, le cuisinier utilise ces sept principes tous les jours sans toujours les nommer. Il prend la température de la chambre froide en arrivant le matin. 

    Il note la valeur sur une fiche. Il vérifie la cuisson d'un rôti avec une sonde thermomètre. Il refroidit un potage en cellule de refroidissement rapide. 

      Il note l'heure de début et de fin. Il jette un plat dont la température n'est pas conforme. Toutes ces actions correspondent aux principes HACCP. 

     Le plan de maîtrise sanitaire de l'établissement rassemble ces procédures dans un classeur consultable à tout moment.

Situation professionnelle — Contrôle de refroidissement en cuisine centrale

Fatou, cuisinière de production dans une cuisine centrale qui prépare 3 500 repas par jour pour des écoles primaires, vient de terminer la cuisson d'un grand bac de bœuf bourguignon. Elle doit maintenant refroidir ce plat rapidement avant stockage. Elle place le bac en cellule de refroidissement à 12 heures 30. Elle note l'heure sur la fiche de traçabilité. À 14 heures 15, elle contrôle la température à cœur avec sa sonde. Le thermomètre affiche 12 degrés, au-dessus de la limite de 10 degrés fixée par la loi. Fatou applique la procédure écrite. Elle laisse le bac dix minutes supplémentaires en cellule. À 14 heures 25, la sonde indique 8 degrés. Fatou note la valeur, signe la fiche et transfère le bac en chambre froide positive. Elle a appliqué sans le savoir les principes 3, 4 et 5 de la méthode HACCP.


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