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📝2.1 — Développement durable : enjeux pour la restauration collective

2.1 — Développement durable : enjeux pour la restauration collective

Chaque jour en France, une cantine scolaire jette en moyenne une part significative des repas servis. Ce gaspillage a un coût pour l'établissement, pour la planète et pour les familles qui financent le service.

Le développement durable est une manière de produire et de consommer qui répond aux besoins d'aujourd'hui sans mettre en danger ceux de demain. 

                     Cette définition officielle date de 1987. Elle a été posée par un rapport de l'Organisation des Nations unies appelé rapport Brundtland. Le développement durable repose sur trois piliers indissociables. 

                  Le premier pilier est l'environnement. Il concerne la protection de la planète, des ressources naturelles et de la biodiversité. Le deuxième pilier est l'économie. Il vise une production efficace qui ne gaspille ni matières ni énergie. Le troisième pilier est le social. 

                   Il concerne les conditions de travail, la santé des consommateurs et l'égalité d'accès à une alimentation de qualité. En restauration collective, ces trois piliers se retrouvent dans chaque geste du quotidien. Un cuisinier qui trie ses biodéchets agit sur l'environnement. 

                  Il permet aussi à son établissement de réduire la facture de collecte des ordures, ce qui touche l'économie. Enfin, il montre l'exemple aux convives et aux jeunes apprentis, ce qui relève du social.

La restauration collective sert plus de trois milliards de repas par an en France. Ce chiffre en fait un secteur majeur pour la transition écologique. En effet, chaque repas mobilise de l'eau, de l'énergie, des matières premières agricoles et du transport. 

              Un plat de viande produit beaucoup plus de gaz à effet de serre qu'un plat végétarien. Un fruit importé par avion pèse plus lourd sur le climat qu'un fruit local de saison. 

     C'est pourquoi les cantines scolaires, les restaurants d'entreprise et les cuisines d'hôpitaux sont devenus des acteurs clés du changement. Ils achètent en grande quantité. Ils peuvent donc orienter les producteurs vers des pratiques plus respectueuses. 

            Une cuisine centrale de 5 000 repas par jour qui décide de servir un repas végétarien par semaine réduit fortement son empreinte carbone. Elle éduque aussi les convives à découvrir de nouveaux goûts.

Les enjeux concrets pour un établissement sont multiples et se répartissent sur toute la chaîne de production. La lutte contre le gaspillage alimentaire est le premier enjeu. Les restes de plateau représentent souvent près d'un quart des quantités préparées. 

                  La maîtrise de l'énergie est un autre enjeu fort. Les fours, les chambres froides et les lave-vaisselle consomment beaucoup d'électricité. Un four laissé allumé sans utilité coûte cher et pèse sur le climat. 

             Le choix des matières premières compte également. Un produit local de saison a voyagé peu de kilomètres. Un produit issu de l'agriculture biologique a été cultivé sans pesticides chimiques. 

                  Le tri des déchets ferme la boucle. Les biodéchets peuvent devenir du compost ou du biogaz. Les emballages en carton et en plastique sont recyclés dans des filières dédiées. Chaque cuisinier participe à ces enjeux par ses gestes quotidiens.

Par ailleurs, le développement durable ne se limite pas aux aspects écologiques. Il inclut la dimension sociale et humaine du métier. 

                      Une cuisine qui respecte ses équipes, qui forme ses apprentis et qui offre des repas équilibrés aux convives applique aussi le développement durable. La lutte contre la précarité alimentaire en fait partie. 

               Certaines cantines scolaires proposent des tarifs adaptés aux revenus des familles. Des associations comme les Restos du Cœur récupèrent les invendus des cuisines pour les redistribuer. 

             La qualité nutritionnelle des plats servis aux enfants, aux malades ou aux personnes âgées relève aussi de cette dimension. Un repas déséquilibré aujourd'hui prépare des problèmes de santé demain. C'est pourquoi la loi impose des règles précises sur la composition des menus en restauration collective.


📌 Les trois piliers du développement durable sont : environnement, économie et social. Ils doivent être respectés ensemble. Un projet qui néglige un pilier n'est pas durable.


La loi EGalim, votée en 2018 et renforcée par la loi Climat et Résilience de 2021, impose des règles précises à la restauration collective. Depuis 2022, les cantines doivent servir au moins 50 % de produits durables ou de qualité, dont 20 % de produits issus de l'agriculture biologique. 

            Un menu végétarien par semaine est obligatoire dans toutes les cantines scolaires. La loi impose aussi de lutter activement contre le gaspillage alimentaire. 

       Chaque établissement doit réaliser un diagnostic et proposer des solutions. Le tri des biodéchets à la source est obligatoire pour tous les producteurs depuis le 1er janvier 2024, quel que soit le volume produit. Les Directions départementales de la protection des populations (DDPP) contrôlent l'application de ces règles.


⚖️ La loi EGalim impose depuis 2022 au moins 50 % de produits durables dans les cantines, dont 20 % de bio. Le menu végétarien hebdomadaire est obligatoire dans les cantines scolaires.

Sur le terrain, le cuisinier applique le développement durable dès la commande des produits. Il privilégie les fournisseurs locaux et les fruits de saison. En production, il ajuste les quantités préparées au nombre de convives réellement présents. 

    Il utilise les épluchures pour faire des bouillons ou des soupes. Il éteint les fours et les plaques de cuisson dès qu'ils ne servent plus. En fin de service, il pèse les restes de plateau pour mesurer le gaspillage. 

    Il trie les biodéchets dans un bac dédié, souvent de couleur marron. Il sépare les cartons, les briques et les plastiques dans les bacs de recyclage. Chaque geste, répété par toute l'équipe, produit des économies mesurables sur la facture d'énergie et sur le coût des déchets.

Situation professionnelle — Passage au menu végétarien dans une cuisine centrale

Fatou, cuisinière dans une cuisine centrale qui produit 3 500 repas par jour pour les écoles de la ville, prépare le premier menu végétarien hebdomadaire imposé par la loi EGalim. Elle doit composer un plat équilibré, apprécié des enfants et sans produits d'origine animale. Elle choisit un dahl de lentilles corail au lait de coco, accompagné de riz basmati et de carottes râpées locales. Après le service, elle pèse les restes de plateau et constate que le gaspillage reste maîtrisé. Elle note la recette dans le classeur de l'équipe pour la reproduire les semaines suivantes.


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