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📝1.4 — Erreurs fréquentes lors de la réception et du stockage des produits

1.4  Erreurs fréquentes lors de la réception et du stockage des produits .

   Un livreur pose douze bacs de yaourts sur le quai à 14 heures. Le commis part en pause. Trente minutes plus tard, la chaîne du froid est rompue et le lot entier part à la poubelle.

    La première erreur classique concerne l'oubli du contrôle de température à la réception. Le commis pressé signe le bon de livraison sans sortir sa sonde thermomètre. Or, un produit frais livré à 8 degrés au lieu de 4 degrés est déjà en danger. La loi impose de refuser ou de tracer cet écart. En pratique, le professionnel doit toujours planter la sonde entre deux barquettes avant de signer. Il note la température sur la fiche de réception. Sans ce geste simple, la responsabilité du restaurant est engagée en cas de problème sanitaire.

   En effet, une deuxième erreur revient souvent : laisser les cartons trop longtemps sur le quai. Le livreur repart, le commis s'occupe d'autre chose, et les produits attendent. Sur le terrain, la règle est claire. Les produits frais et surgelés doivent rejoindre la chambre froide en moins de vingt minutes. Un carton de steaks hachés posé une heure à température ambiante voit ses bactéries se multiplier très vite. Le professionnel range donc immédiatement, avant même de trier ou de saisir la commande sur l'ordinateur.

  Par ailleurs, le déconditionnement à l'aveugle constitue une erreur grave. L'apprenti retire les cartons et jette les étiquettes sans noter la DLC. Le lot devient alors intraçable. En cas de contrôle de la DDPP ou d'un problème sanitaire, il est impossible de retrouver l'origine du produit. La bonne pratique consiste à reporter la DLC et le numéro de lot sur une étiquette propre. Cette étiquette suit le produit jusqu'à son utilisation finale.

   C'est pourquoi le non-respect de la règle FIFO reste également une source fréquente de gaspillage. FIFO signifie premier entré, premier sorti. Le commis pose les produits neufs devant les anciens, par facilité. Résultat : les anciens périment au fond de la chambre froide. Le professionnel doit toujours ranger les nouveaux produits derrière ou dessous les anciens. Un simple coup d'œil aux DLC avant chaque service évite la mise à la poubelle de lots entiers.

    Concrètement, une dernière erreur touche au mélange des familles de produits dans la chambre froide. L'apprenti pose la viande crue au-dessus des légumes lavés. Le jus de viande coule et contamine les légumes prêts à servir. La marche en avant impose une séparation stricte. Les produits crus vont sur les étagères basses, les produits cuits ou prêts à consommer vont en haut. Chaque famille garde sa zone. Ce principe protège le client d'une toxi-infection alimentaire collective, appelée TIAC.


🔗 Objectif : identifier les cinq erreurs les plus fréquentes en réception et stockage, et citer la conduite corrective adaptée à chacune.


    Le règlement européen 852/2004 impose à chaque cuisine de contrôler la chaîne du froid dès la réception. Le paquet hygiène exige aussi une traçabilité complète des produits. Cela veut dire garder trace du fournisseur, du numéro de lot et de la DLC. En cas de contrôle par la DDPP, l'absence de ces informations entraîne un avertissement, voire une fermeture administrative. Le plan de maîtrise sanitaire (PMS) du restaurant doit prévoir une fiche de non-conformité pour chaque livraison à problème.


⚠️ Un produit frais laissé plus de vingt minutes sur le quai peut être considéré comme rompu dans la chaîne du froid. Refuser ou tracer l'écart, ne jamais ignorer.


Sur le terrain, le professionnel utilise trois outils simples pour éviter ces erreurs. D'abord une sonde thermomètre étalonnée, plantée dans chaque livraison de frais et de surgelés. Ensuite une fiche de réception papier, remplie devant le livreur, avec la date, l'heure, la température et une signature. Enfin des étiquettes de traçabilité collées sur chaque produit déconditionné. Un chronomètre mental de vingt minutes rythme le rangement. Le commis vérifie aussi chaque matin les DLC des produits stockés. Cette routine simple évite la grande majorité des incidents sanitaires.

Situation professionnelle — Livraison mal contrôlée dans une cantine scolaire

Fatou, commis de cuisine dans une cantine scolaire de 900 rationnaires, réceptionne une palette de yaourts à 10 heures. Le livreur est pressé et lui tend le bon de livraison. Fatou est tentée de signer rapidement pour reprendre son épluchage. Elle se souvient alors de la règle apprise en formation. Elle sort sa sonde thermomètre, la plante entre deux barquettes et lit 9 degrés au lieu des 4 degrés attendus. Elle refuse la livraison, note la non-conformité sur la fiche de réception et prévient le chef. Le fournisseur reprendra le lot dans l'après-midi. Le geste de Fatou a évité un risque sanitaire pour près de mille enfants.


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