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📝 2.3 — Contrôle et traçabilité des températures en cuisine collective

2.3 — Contrôle et traçabilité des températures en cuisine collective

En cuisine collective, un plat chaud servi à moins de 63 degrés à cœur peut entraîner une toxi-infection alimentaire. Chaque relevé noté sur la feuille de traçabilité protège les convives et engage la responsabilité du cuisinier.

Le contrôle des températures est un geste quotidien du professionnel en cuisine collective. Il consiste à mesurer avec précision la chaleur ou la fraîcheur d'un produit à des moments clés.

           Ces moments sont la réception des marchandises, le stockage, la cuisson, le refroidissement, la remise en température et la distribution. À chaque étape, un seuil réglementaire s'applique. Le professionnel utilise une sonde thermomètre pour vérifier ce seuil. 

Il note ensuite la valeur mesurée sur un document appelé feuille de traçabilité. Ce geste simple structure toute la journée de travail en cuisine collective.

             En effet, la traçabilité sert à prouver que la chaîne du froid et la chaîne du chaud ont été respectées. Sans ces preuves écrites, le professionnel ne peut pas démontrer son sérieux en cas de contrôle.

 La DDPP peut se présenter à tout moment dans l'établissement. Elle demande alors les relevés des dernières semaines. 

Si les documents sont absents ou incomplets, l'établissement risque une sanction. La sanction peut aller d'un avertissement à la fermeture administrative. C'est pourquoi la traçabilité n'est jamais une formalité inutile.

Concrètement, le cuisinier réalise plusieurs types de contrôles chaque jour. À la réception, il sonde les produits livrés pour vérifier leur température. 

Un produit surgelé doit arriver à moins 18 degrés. Un produit frais réfrigéré doit arriver entre 0 et 4 degrés. Par ailleurs, il contrôle deux fois par jour la température des chambres froides. Le matin à l'ouverture et le soir à la fermeture sont les moments les plus courants. Il vérifie aussi la cuisson à cœur des viandes, des poissons et des préparations à base d'œufs. 

La sonde doit indiquer au moins 63 degrés au centre du produit.

Or, la remise en température demande une vigilance particulière en liaison froide. Le professionnel doit atteindre 63 degrés à cœur en moins d'une heure. 

            Il note l'heure de début, l'heure de fin et la température finale. Ce contrôle est obligatoire pour chaque plat remis en température.

 À l'inverse, un refroidissement doit faire passer un plat chaud de plus de 63 degrés à moins de 10 degrés en moins de deux heures. La cellule de refroidissement rapide sert à respecter ce délai. Chaque cycle est enregistré sur une fiche dédiée. Le nom du plat, la date, l'heure et les températures y figurent.

                  À ce titre, les documents de traçabilité forment un ensemble organisé dans le plan de maîtrise sanitaire. 

On y trouve la fiche de réception, le relevé des chambres froides, la fiche de cuisson, la fiche de refroidissement et la fiche de remise en température. 

                 Chaque fiche est datée et signée par le professionnel qui a effectué le contrôle. L'échantillothèque complète ce dispositif. Le cuisinier prélève 80 à 100 grammes de chaque plat servi. 

Il conserve cet échantillon appelé plat témoin pendant cinq jours minimum à moins de 3 degrés. En cas de suspicion de TIAC, le plat témoin permet d'identifier l'origine du problème.

             Sur le terrain, la sonde thermomètre est l'outil central du contrôle. Elle doit être nettoyée et désinfectée avant chaque usage avec une lingette alcoolisée. 

Elle doit aussi être étalonnée régulièrement pour rester fiable. Un étalonnage se fait dans un mélange d'eau et de glace fondante qui doit afficher 0 degré. 

             Si l'écart dépasse un degré, la sonde doit être remplacée. Le professionnel choisit une sonde à tige fine pour piquer au cœur du produit sans l'écraser. En pratique, ce geste devient un réflexe qui rythme chaque service en cuisine collective.


📌 Trois seuils à mémoriser en cuisine collective : 63 degrés minimum pour le maintien au chaud, 3 degrés maximum pour les plats froids, moins d'une heure pour atteindre 63 degrés en remise en température.


Le règlement européen 852/2004 impose à toutes les cuisines collectives d'appliquer la méthode HACCP et de tenir un plan de maîtrise sanitaire écrit. L'arrêté du 21 décembre 2009 fixe les températures obligatoires pour la restauration collective. Les plats chauds doivent être maintenus à 63 degrés minimum jusqu'au service. 

Les plats froids destinés à être consommés froids doivent rester à 3 degrés maximum. Le refroidissement rapide doit ramener un plat de plus de 63 degrés à moins de 10 degrés en moins de deux heures. 

Le plat témoin doit être conservé cinq jours minimum. Les documents de traçabilité doivent être archivés pendant au moins six mois pour être présentés lors d'un contrôle de la DDPP.


⚠️ Une sonde non désinfectée entre deux produits est une source majeure de contamination croisée. Toujours nettoyer la tige avec une lingette alcoolisée avant chaque nouveau contrôle.


Dans une cuisine centrale qui produit 3 000 repas par jour, le professionnel commence sa journée par relever la température des cinq chambres froides. Il note chaque valeur sur la feuille murale prévue à cet effet.

 Lors de la réception des marchandises, il sonde un carton sur deux et refuse tout produit hors seuil. Pendant la cuisson des viandes, il pique la sonde au cœur du plus gros morceau et attend l'affichage stable. Il note 68 degrés à 11h15 sur la fiche du jour.  

Après la cuisson d'un gratin de 15 kilos, il place le plat en cellule de refroidissement rapide et déclenche le cycle. Il vérifie que la température passe sous 10 degrés en moins de deux heures. Enfin, il prélève une portion de chaque plat servi dans un sachet plastique fermé, étiqueté avec la date, et le place dans la chambre froide dédiée à l'échantillothèque.

Situation professionnelle — Contrôle de remise en température dans une cantine scolaire

Fatou, cuisinière dans une cantine scolaire de 850 rationnaires, prépare le service du midi en liaison froide. À 10h30, elle sort les barquettes de bœuf bourguignon de la chambre froide positive. Elle les place dans le four de remise en température à 150 degrés. À 11h15, elle pique sa sonde au cœur d'une barquette et lit 58 degrés. Le seuil de 63 degrés n'est pas atteint et la fenêtre d'une heure va bientôt se refermer. Elle décide de prolonger la cuisson de dix minutes et vérifie à nouveau. La sonde affiche 67 degrés. Elle note l'heure de sortie, la température finale et signe la fiche de remise en température avant de lancer le service à 11h45.


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