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📝3.4 — Points de vigilance et bonnes pratiques durables

3.4 — Points de vigilance et bonnes pratiques durables

En fin de service au self, un bac de gratin reste à moitié plein. Le professionnel doit décider : le jeter, le tracer, le refroidir. Chaque geste engage la sécurité du client et la lutte contre le gaspillage.

Le service au comptoir et au self concentre plusieurs risques à surveiller en même temps. Le premier risque concerne la chaîne du chaud. 

          Les plats chauds doivent rester au-dessus de 63 degrés à cœur. Le deuxième risque concerne la chaîne du froid. Les entrées et desserts doivent rester en dessous de 3 degrés. Le troisième risque concerne la contamination croisée. 

Un client peut toucher un plat avec ses doigts. Un ustensile peut tomber par terre. Une mouche peut se poser sur une salade. Le professionnel du service doit donc surveiller la température, l'hygiène et les gestes du public en même temps. 

          En effet, un seul écart peut provoquer une toxi-infection alimentaire collective, appelée TIAC.

Par ailleurs, la fin de service pose des questions particulières. Les plats témoins doivent déjà être prélevés et rangés en chambre froide. La règle impose de garder un échantillon de 100 grammes par plat servi, pendant 5 jours à 3 degrés maximum. 

    Les restes chauds ne peuvent pas être resservis tels quels le lendemain. Deux choix existent alors. Soit le professionnel jette le reste, soit il le refroidit très vite en cellule de refroidissement rapide. La règle impose de passer de 63 degrés à 10 degrés en moins de deux heures. 

      Sans cellule, le refroidissement lent est interdit. C'est pourquoi le choix du matériel conditionne la possibilité de sauver un plat.

Sur le terrain, les erreurs les plus fréquentes viennent de la précipitation. Le professionnel oublie de contrôler la température du bain-marie en début de service. Il utilise la même pince pour deux plats différents. 

     Il rechargeait un bac sans vider et laver l'ancien. Ces gestes créent un mélange dangereux entre un produit ancien et un produit frais. On appelle cela le rechargement à chaud. La bonne pratique impose de vider complètement le bac, de le laver, de le sécher, puis de mettre le produit neuf. 

        À ce titre, chaque bac doit être identifié avec une étiquette précisant le produit et l'heure de mise en service.

Concrètement, les bonnes pratiques durables cherchent à réduire le gaspillage alimentaire sans mettre le client en danger. 

    La cantine scolaire peut proposer des portions adaptées à l'appétit. L'élève choisit une petite ou une grande part. Le self peut proposer un doggy bag pour les plats non touchés. 

  La chaîne rapide peut donner les invendus à une association agréée, comme les Restos du Cœur ou la Croix-Rouge. La loi impose même aux gros établissements de proposer une convention de don. 

      Or, un aliment donné doit respecter toute la chaîne du froid jusqu'à la remise. Le professionnel du service joue donc un rôle direct dans cette démarche.

En pratique, la posture professionnelle durable ne s'arrête pas à la nourriture. Elle concerne aussi l'eau, l'énergie, les emballages et le tri. 

      Le professionnel ferme les vitrines froides entre deux rechargements. Il baisse la puissance du bain-marie en fin de service. Il trie les cartons, le verre, le plastique et les biodéchets. 

     Depuis 2024, tous les établissements doivent trier leurs déchets alimentaires, quelle que soit leur taille. Cette obligation touche autant le food-truck que la cuisine centrale. Ainsi, le service durable devient un geste métier à part entière.


⚠️ Le rechargement à chaud est interdit. Ne jamais ajouter un produit neuf sur un produit déjà en bain-marie. Toujours vider le bac, le laver, le sécher, puis remettre du produit neuf avec une nouvelle étiquette d'heure.


Le règlement européen 852/2004 impose de maintenir les plats chauds à plus de 63 degrés et les plats froids à moins de 3 degrés pendant toute la durée du service. La loi française oblige à conserver un plat témoin de 100 grammes par plat servi, pendant 5 jours en chambre froide. 

La loi anti-gaspillage alimentaire (loi Garot de 2016 puis loi AGEC de 2020) impose aux gros établissements de restauration collective de proposer une convention de don à une association habilitée. Depuis le 1er janvier 2024, tous les producteurs de biodéchets doivent trier leurs déchets alimentaires à la source, sans seuil minimum.


📌 Trois températures à retenir par cœur pour le service : plus de 63 degrés à cœur pour les plats chauds, moins de 3 degrés pour les plats froids, moins de 10 degrés atteints en moins de 2 heures pour un refroidissement rapide.


Sur le terrain, le professionnel utilise plusieurs outils simples. Une sonde thermomètre désinfectée mesure la température du bain-marie toutes les deux heures. 

              Un carnet de service note l'heure et la température de chaque contrôle. Des étiquettes colorées identifient les bacs neufs et les bacs à retirer. 

       Une cellule de refroidissement rapide permet de sauver un plat non touché. Des bacs de tri séparent les biodéchets, le carton et le plastique. 

     En fin de service, le professionnel remplit une fiche de gaspillage. Il pèse les restes jetés et note les plats les moins consommés. Ces données aident le chef à ajuster les commandes de la semaine suivante.

Situation professionnelle — Fin de service au self d'un collège de 900 rationnaires

Nawel, agente polyvalente de restauration dans une cantine scolaire de 900 rationnaires, termine le service du midi. Deux bacs de lasagnes restent à moitié pleins et n'ont pas été touchés par les élèves. Sa sonde indique 68 degrés à cœur. Elle sait qu'elle ne peut pas les servir tels quels demain. Elle appelle le second de cuisine. Ensemble, ils décident de refroidir immédiatement les lasagnes en cellule de refroidissement rapide. Nawel note l'heure de mise en cellule sur une étiquette. Elle vérifie que la température descend sous 10 degrés en moins de deux heures. Le plat sera stocké en chambre froide positive et resservi le lendemain, après une remise en température à cœur au-dessus de 63 degrés. Ce geste évite le gaspillage tout en respectant la sécurité sanitaire.


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