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Contenu du cours

📝1.4 — Erreurs courantes face à une plainte : ce qu'il faut éviter

1.4 — Erreurs courantes face à une plainte : ce qu'il faut éviter

Un client mécontent revient au comptoir avec son plateau. Le serveur soupire et répond « ce n'est pas moi qui l'ai préparé ». En une phrase, la plainte devient un conflit ouvert.

La première erreur, et la plus fréquente, consiste à se justifier avant d'écouter. Le professionnel coupe la parole. Il explique déjà pourquoi le plat est en retard. Or, le client n'a pas fini d'exposer son problème. Il se sent ignoré. En pratique, il faut d'abord laisser parler. 

             Le client doit vider son sac pendant une à deux minutes. Ensuite seulement, le professionnel reformule et propose une solution. Sur le terrain, cette écoute active désamorce la moitié des tensions. 

          Elle coûte peu de temps. Elle évite surtout que le ton monte devant les autres clients. Un serveur qui écoute jusqu'au bout donne au client le sentiment d'être respecté. C'est la base du service.

La deuxième erreur consiste à rejeter la faute sur un collègue ou sur l'équipe de cuisine. Le professionnel dit « c'est la cuisine qui a oublié » ou « ce n'est pas mon rayon ». Cette phrase soulage sur le moment. Elle détruit pourtant la confiance du client. 

    En effet, le client ne voit pas une cuisine et une salle séparées. Il voit un seul établissement. À ses yeux, tout le personnel est responsable. Le professionnel doit donc parler au nom de la maison. 

    Il dit « je suis désolé, nous avons fait une erreur, je vais la corriger tout de suite ». Cette formulation collective protège l'image de l'établissement. Elle protège aussi les collègues absents qui ne peuvent pas se défendre.

La troisième erreur touche le langage non verbal. Le professionnel croise les bras. Il soupire. Il lève les yeux au ciel. Il regarde ailleurs pendant que le client parle. Le message négatif passe même sans un mot. Or, dans un conflit, le corps parle plus fort que la voix. 

         Concrètement, il faut garder les bras le long du corps ou les mains ouvertes. Le regard reste posé sur le client, sans fixer. Le visage exprime une attention calme. Le ton de voix baisse d'un cran. 

    Cette posture apaisée invite le client à baisser lui aussi le ton. Un sourire forcé ou ironique produit l'effet inverse. Il faut donc rester neutre et sincère.

La quatrième erreur consiste à promettre ce que l'on ne peut pas tenir. Le professionnel dit « le manager va vous rembourser tout de suite » sans avoir l'autorisation. 

       Ou il annonce un plat offert alors que la procédure ne le permet pas. Par la suite, le manager refuse. 

      Le client revient encore plus en colère. À ce titre, il faut connaître ses marges de manœuvre. Chaque enseigne fixe des limites. Un équipier de McDonald's peut refaire un produit. 

  Il ne peut pas rembourser sans validation du responsable. Un serveur de cafétéria peut offrir un café. 

Il ne peut pas effacer une addition entière. Le professionnel annonce donc uniquement ce qu'il maîtrise. Pour le reste, il appelle le responsable.

La cinquième erreur consiste à traiter la plainte devant tous les autres clients. Le professionnel discute au comptoir, la voix qui monte. Les clients de la file écoutent. Certains filment avec leur téléphone. La scène se retrouve parfois sur les réseaux sociaux. 

         'est pourquoi il faut isoler le client mécontent dès que possible. Le professionnel propose de se déplacer à une table à l'écart. Ou il fait venir le responsable dans un coin discret. 

    Cette mise à l'écart calme le client. Elle protège aussi la réputation de l'établissement. Enfin, il ne faut jamais rire ou plaisanter avec un collègue pendant qu'un client se plaint. Ce détail semble anodin. Il transforme pourtant une réclamation simple en avis négatif durable.


⚠️ Ne jamais dire « ce n'est pas moi » ou « c'est la cuisine ». Cette phrase rejette la faute et détruit la confiance du client en quelques secondes.


Le Code de la consommation impose au professionnel de traiter loyalement le client. Il ne peut pas refuser une réclamation légitime. Le référentiel du CAP PSR (RNCP35317) précise, dans le bloc de compétences UP2, que le candidat doit savoir « adopter une attitude professionnelle en toutes circonstances », y compris face à un client mécontent. 

Par ailleurs, la plupart des grandes enseignes de restauration rapide et collective disposent d'une procédure interne de gestion des plaintes. Cette procédure est écrite dans le livret d'accueil ou le manuel d'équipier. Le professionnel doit la connaître et l'appliquer. Ne pas la respecter peut entraîner un avertissement disciplinaire.


💡 Comptez mentalement jusqu'à trois avant de répondre à un client en colère. Ce court silence évite la réponse à chaud et calme aussi votre propre ton.


Sur le terrain, le professionnel s'entraîne à quatre réflexes simples. D'abord, il se tait pendant que le client parle. Il compte mentalement jusqu'à trois avant de répondre. Ensuite, il utilise le « nous » de l'établissement et jamais le « eux » qui accuse un collègue. 

         Puis, il contrôle son corps : bras ouverts, voix basse, regard calme. Enfin, il connaît par cœur les gestes commerciaux qu'il peut offrir sans validation. Dans un fast-food, cela peut être un produit refait ou une boisson offerte. Dans une cantine, cela peut être un changement de plat. 

Au-delà, il appelle le responsable. Ces réflexes s'acquièrent par la répétition, en formation puis lors des briefings d'équipe.

Situation professionnelle — Un burger froid rendu au comptoir d'un fast-food

Rayan, équipier polyvalent dans un Burger King de centre commercial qui sert 600 couverts par jour, voit revenir une cliente. Elle brandit son burger et dit qu'il est froid. Rayan a le réflexe de répondre « ce n'est pas moi, c'est la cuisine qui a un problème aujourd'hui ». La cliente hausse le ton. Deux personnes dans la file se retournent. Rayan se reprend. Il s'excuse au nom de l'équipe. Il propose de refaire le burger tout de suite et offre une boisson pour le désagrément. Il invite la cliente à s'installer à une table pendant la préparation. La tension retombe en moins d'une minute. Rayan retient la leçon : parler au « nous », isoler le client, proposer une solution concrète dans ses marges de manœuvre.


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