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📝2.4 — Distinguer nettoyage et désinfection : pièges courants à éviter

2.4 — Distinguer nettoyage et désinfection : pièges courants à éviter

Un plan de travail qui brille n'est pas forcément un plan de travail sain. Beaucoup de commis pensent avoir désinfecté alors qu'ils ont seulement nettoyé. Cette confusion peut provoquer une TIAC.

Le nettoyage et la désinfection sont deux opérations distinctes. Elles n'ont ni le même objectif ni le même produit. Le nettoyage retire les salissures visibles, comme la graisse, les miettes et les traces. La désinfection, elle, tue les bactéries invisibles

      Confondre les deux est l'erreur la plus fréquente en zone de service. Un serveur qui passe un simple coup d'éponge sur une table pense parfois qu'il l'a désinfectée. En réalité, il a seulement enlevé les miettes. 

      Les bactéries, elles, sont toujours là.

En effet, un plan de travail propre à l'œil peut rester contaminé. Les bactéries pathogènes sont invisibles sans microscope. Elles se cachent dans le film gras laissé par les aliments. C'est pourquoi la désinfection doit toujours venir après le nettoyage. 

       Sur un support gras, le désinfectant ne pénètre pas. Il glisse et perd son efficacité. Le professionnel doit donc respecter deux étapes distinctes. D'abord dégraisser, ensuite désinfecter.

Par ailleurs, beaucoup de débutants utilisent mal les produits détergents-désinfectants. Ces produits combinés existent bien. Mais ils imposent un protocole précis. 

       Il faut souvent laisser agir plusieurs minutes. Ce temps de contact s'appelle le temps d'action. Si le commis rince trop vite, le produit n'a pas eu le temps de tuer les bactéries. 

      Le résultat visuel est bon, mais le résultat sanitaire est mauvais. Le respect du temps d'action est un point de contrôle essentiel.

Or, une autre erreur consiste à mélanger les produits. Certains apprentis pensent qu'en ajoutant de l'eau de Javel à un détergent, ils renforcent l'action. C'est faux et dangereux. Le mélange produit des vapeurs toxiques. La loi interdit ces mélanges. 

      Chaque produit doit être utilisé seul et à sa juste dose. La fiche technique du produit indique la dilution exacte. Une dose trop faible ne désinfecte pas. Une dose trop forte laisse des résidus sur les surfaces alimentaires.

Sur le terrain, la lavette pose aussi problème. Une même lavette utilisée pour la table du client, puis pour la vitrine du buffet, transfère les bactéries d'un point à l'autre. C'est ce qu'on appelle une contamination croisée par le matériel. 

       Le professionnel doit changer de lavette entre chaque zone. Il doit aussi respecter le code couleur imposé par l'établissement. Une lavette bleue pour les tables, une lavette rouge pour les zones sales, par exemple. Cette rigueur évite de propager les microbes sans le savoir.


⚠️ Ne jamais mélanger de l'eau de Javel avec un autre produit d'entretien. Le mélange dégage des gaz toxiques dangereux pour le professionnel et interdits par la loi.


Le règlement européen 852/2004 impose au professionnel de la restauration d'appliquer la méthode HACCP. Le plan de nettoyage-désinfection fait partie du plan de maîtrise sanitaire (PMS). 

Ce plan doit préciser, pour chaque surface, le produit utilisé, sa dilution, le temps d'action et la fréquence. Le référentiel du CAP PSR demande à l'apprenant de savoir contrôler l'efficacité de ces opérations en zone de service.


📌 Un support propre à l'œil n'est pas un support désinfecté. Le nettoyage retire la saleté visible, la désinfection tue les bactéries invisibles. Les deux opérations sont complémentaires.


En pratique, le professionnel suit toujours la règle des quatre étapes. D'abord, il retire les déchets visibles. Ensuite, il applique le détergent et frotte. Puis il rince à l'eau claire. Enfin, il applique le désinfectant et respecte le temps d'action indiqué sur le bidon, souvent 5 à 15 minutes. Sur une table de salle, entre deux services, un produit détergent-désinfectant à usage alimentaire peut suffire. Mais le serveur doit vérifier que la table est d'abord débarrassée des miettes. Il pulvérise, laisse agir, puis essuie avec une lavette propre. Il change de lavette dès qu'elle est visiblement sale.

Situation professionnelle — Une erreur de protocole évitée juste à temps dans une cafétéria d'entreprise

Nawel, employée polyvalente dans une cafétéria d'entreprise qui sert 400 couverts par jour, termine le service du midi. Elle voit un collègue vaporiser du désinfectant directement sur le comptoir de la salade bar, sans avoir nettoyé avant. Il essuie immédiatement avec une lavette. Nawel intervient calmement. Elle rappelle que le produit ne peut pas agir sur un support gras et qu'il faut respecter le temps d'action indiqué sur le bidon, soit 5 minutes. Ensemble, ils reprennent le protocole. Ils dégraissent d'abord avec un détergent, rincent, puis appliquent le désinfectant et attendent le temps requis. Nawel a évité une désinfection inefficace juste avant l'ouverture du service du soir.


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