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Contenu du cours

📝1.4 — Erreurs courantes et attitudes à éviter face au client

1.4 — Erreurs courantes et attitudes à éviter face au client

Un client attend depuis cinq minutes au comptoir. Personne ne le regarde. Il repose son plateau et quitte l'enseigne. Cette scène banale résume à elle seule pourquoi les erreurs d'accueil coûtent cher au restaurant.

La première erreur observée sur le terrain reste l'absence de contact visuel avec le client. Le professionnel reste concentré sur sa caisse, sa plaque de cuisson ou son écran. Le client entre et se sent invisible. 

                               Or, un simple regard suffit à signaler qu'il est vu et attendu. En effet, la relation commerciale commence avant même la première parole échangée. Un employé qui garde la tête baissée envoie un message négatif au client. 

            Ce dernier interprète cette attitude comme un manque d'intérêt. Sur le terrain, les enseignes de restauration rapide forment leurs équipiers à lever les yeux dès qu'un client franchit la porte. Ce geste coûte zéro seconde mais change tout. 

                        À ce titre, l'accueil visuel constitue la base non négociable du service. Un professionnel qui l'oublie compromet la suite de l'échange, même s'il maîtrise parfaitement les autres étapes.

Par ailleurs, une autre erreur fréquente concerne le langage utilisé face au client. Certains employés emploient un ton trop familier. 

                 Ils tutoient un inconnu ou utilisent des expressions du quotidien inadaptées. D'autres, au contraire, adoptent un ton mécanique et récitent une formule apprise sans conviction. Ces deux extrêmes desservent la relation. 

                       Le client attend un langage professionnel, clair et chaleureux. Concrètement, il faut vouvoyer par défaut, sauf consigne contraire de l'enseigne. 

                  Il faut aussi éviter le jargon interne comme « le BM », « le combo trois » ou « la sauce spé ». Ces termes parlent à l'équipe mais brouillent la compréhension du client. Un professionnel adapte toujours son vocabulaire à son interlocuteur.

C'est pourquoi la gestion des émotions constitue un autre point sensible. Un client mécontent peut hausser le ton, insister ou se montrer désagréable. L'erreur classique consiste à répondre sur le même registre. 

                   Le professionnel s'énerve, se justifie longuement ou reproche au client son attitude. Cette réaction aggrave systématiquement la situation. En pratique, il faut garder son calme, écouter jusqu'au bout et reformuler la demande. 

             Le professionnel ne prend jamais la remarque pour lui personnellement. Il représente l'enseigne, pas sa propre personne. 

      À l'inverse, ignorer un client mécontent ou l'expédier rapidement provoque une plainte formelle. Sur le terrain, un client entendu et respecté redevient calme dans la grande majorité des cas.

Or, certaines attitudes non verbales sabotent l'accueil sans que le professionnel s'en rende compte. Se tenir avachi contre le comptoir, croiser les bras, soupirer, regarder son téléphone ou discuter avec un collègue devant le client sont des erreurs graves. Le client observe ces signaux et les interprète.  

             Il pense que son passage dérange. En effet, la posture et le regard comptent autant que les mots employés. Un professionnel se tient droit, garde les mains visibles et sourit naturellement. Il évite de manger, boire ou mâcher un chewing-gum en zone de service. 

           Il coupe les conversations privées dès qu'un client approche. Ces règles paraissent évidentes mais restent parmi les plus violées en restauration rapide et en cafétéria.

Enfin, la dernière catégorie d'erreurs concerne le traitement inégal des clients. Certains professionnels servent chaleureusement les habitués et négligent les nouveaux venus. 

                D'autres réservent leur meilleur accueil aux clients qui leur ressemblent en âge ou en apparence. 

           Ce comportement crée une discrimination, parfois inconsciente, qui expose l'établissement à une plainte. Chaque client mérite le même niveau d'attention, quel que soit son âge, son origine, sa tenue ou son handicap. 

      Sur le terrain, il faut également adapter son accueil aux publics fragiles. Un client âgé, une personne malvoyante ou un parent avec un enfant en poussette demandent une attention spécifique. Le professionnel ralentit son débit, propose son aide et laisse le temps de la décision.


🔗 Objectif pédagogique : à l'issue de ce sous-chapitre, l'apprenant sera capable d'identifier les erreurs d'accueil et d'appliquer les bonnes pratiques pour préserver la relation client en toute situation.


La loi française interdit toute discrimination dans l'accès à un service. Un professionnel de la restauration ne peut refuser de servir un client ou le traiter différemment en raison de son origine, de son âge, de son sexe, de son handicap ou de son apparence. 

Le Code pénal punit ces comportements de sanctions lourdes. Par ailleurs, le référentiel du CAP PSR (RNCP35317) intègre dans le bloc de compétences BC2 l'obligation d'adopter une posture professionnelle adaptée à tous les publics. Les enseignes complètent ces règles par leur propre charte d'accueil que chaque salarié signe à l'embauche.


⚠️ Ne jamais discuter d'un client avec un collègue devant d'autres clients. Cette erreur détruit la confiance et peut provoquer un signalement en quelques minutes sur les réseaux sociaux.


        En pratique, le professionnel s'auto-évalue à la fin de chaque service. Il se pose trois questions simples.

 Ai-je regardé chaque client dans les yeux ? 

Ai-je gardé mon calme face aux demandes difficiles ? 

Ai-je traité tout le monde de la même manière ? 

Dans les grandes chaînes, un client mystère passe régulièrement pour noter l'accueil sur une grille précise. Les points contrôlés incluent le sourire, la formule de bienvenue, la posture et la gestion des files d'attente. 

Un score faible entraîne un rappel des consignes en briefing d'équipe. Sur le terrain, tenir un poste de service pendant plusieurs heures demande une vigilance constante. 

Le professionnel apprend à recharger son énergie entre deux coups de feu pour ne pas laisser la fatigue transformer son attitude.

Situation professionnelle — Gestion d'un client mécontent en heure de pointe

Karim, équipier polyvalent dans un Burger King de centre commercial qui sert 600 couverts le midi, encaisse une longue file d'attente. Un client revient au comptoir, visiblement agacé, car sa commande contient un menu enfant à la place de son burger. Karim sent la pression monter derrière lui. Il pourrait répondre sèchement pour aller vite. Au lieu de cela, il regarde le client dans les yeux, s'excuse calmement et propose de refaire la commande immédiatement en offrant une boisson. Le client se détend et remercie même Karim en repartant. Le manager, témoin de la scène, félicite l'équipier lors du briefing suivant. Karim a appliqué exactement le protocole vu en formation : écoute, excuse, solution rapide, geste commercial.

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